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On imagine dès lors le comportement des Réunionnais vis-à-vis de leur langue et de leur identité et le profit qu'ils pourront en tirer pour eux-mêmes et pour la Réunion.
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Langue et culture réunionnaises : enjeux identitaires

Même si au gré de ceux qui, de longue date, ont milité pour la prise en compte de la langue et culture réunionnaises par le système scolaire, cette entrée est très tardive , il faut se réjouir de cette étape importante dans l'histoire de l'école à la Réunion. De toute façon, elle ne pouvait objectivement être différée plus longtemps. A l'heure où s'élaborent les programmes, il convient d' apprécier la façon dont la prise en compte de notre identité peut contribuer à sortir le système scolaire de l'impasse dans laquelle il s'est fourvoyé à la Réunion . Mais plus généralement, il faut mesurer les enjeux dans lesquels cette donnée est incontournable. Et cela va bien au delà du cadre scolaire, même si l'école y occupe une place stratégique.

Au début du XXe siècle, alors que la Réunion n'était qu'une colonie, les directives données aux enseignants exerçant à la Réunion faisait la part belle au milieu dans lequel vivait l'enfant. La carte de la Réunion, sur laquelle figuraient les Terres Eparses, Saint-Paul, Amsterdam, les Kerguelen était accrochée aux murs des salles de classe qui pouvaient se l'offrir. L'histoire, la géographie de la Réunion étaient enseignées au primaire. Nous connaissions la distance séparant le Port de Tamatave, Diego, Port-Louis. Paul Hermann(1) et Eugène Souris(2) avaient droit de cité au même titre que le Régimbo(3) et le Dumas(4) En ce temps-là, les parents illettrés s'intéressaient de près au travail de leur progéniture. En témoigne cette savoureuse anecdote de l'élève des Hauts du Sud qui ânonne sa leçon sur le vétyver et à qui la mère demande de faire à l'enseignant la remarque suivante : " di ali nana trant-an out papa i plant létivèr, alor si li koné pa, ébin i di pa " vétivèr ", i di " létivèr " ! "

La prise en compte de la réalité locale se poursuivit jusque dans les années soixante. La distance prise alors par l'enseignement avec l'environnement de l'élève aboutit à des dérapages dont le bilan complet fit l'objet en 1969 d'un livre écrit en créole " Lansèyeman La Rénion…" (5 ) C'est dire si au gré de ceux qui, depuis plus de trente ans ont milité pour la prise en compte de la langue et de la culture réunionnaises dans le système scolaire, cette reconnaissance officielle en 2000 est considérée comme très tardive.
Tous ceux qui ont suivi les péripéties de la bataille pour l'application de la loi Deixonne à la Réunion et la réaction des opposants à l'admission du créole à l'école ont pu remarquer qu'en quarante ans un certain nombre d'arguments avancés par ces derniers avaient imprégné l'opinion au point d'être acceptés comme des postulats alors qu'ils reposaient sur quatre hérésies majeures.

Une hérésie historique et juridique fondée sur une prétendue incompatibilité entre l'unité nationale et l'existence des langues et cultures régionales et introduisant l'alternative entre l'option jacobine réductrice et le respect d'une identité tricentenaire. Cette construction est née d'une dérive de l'esprit de la départementalisation et d'une récupération néo-coloniale de la grève des fonctionnaires de 1954. Elle fut lancée avec le début de la carrière politique réunionnaise de Michel Debré. Elle se manifesta au début sous la forme de slogans exorcistes contre le danger séparatiste, slogans vulgarisés dans des manifestations de masse montées par des organisations telles l'A.R.D.F. Elle fut mise en pratique pendant plus de 30 ans par l'action quotidienne et concertée de l'ensemble des organismes institutionnels dans une double démarche : l'alimentation du discrédit des références culturelles populaires réunionnaises , la falsification puis l'occultation des aspects de l'Histoire de l'île pouvant porter ombrage au projet politique assimilationniste .

Une hérésie linguistique refusant d'admettre le créole au nombre des langues régionales. Dans le système idéologique assimilationniste, le déni linguistique a fait dès le début des années soixante l'objet d'un effort particulier. Il a trouvé avec André Schérer (6 ) une caution universitaire complaisante à une époque où la linguistique était inconnue de la quasi-totalité des Réunionnais. Relayé efficacement par le système éducatif, il a eu comme suite logique un comportement paradoxal partagé par une grande partie des réunionnais : la pratique remarquablement vivace de la langue maternelle et sa forclusion du nombre des langues.

Une hérésie pédagogique refusant la prise en compte de la langue maternelle de l'enfant en phase de structuration . "dans les DOM, dit à ce propos le linguiste Alain Bentolila, un grand nombre d'enfants ont le créole pour langue maternelle . On ne peut pas leur imposer la lecture et l'écriture en français alors qu'ils ne possèdent pas la langue orale correspondante. Sinon on risque de créer des illettrés en puissance. Il faut accueillir et apprendre à lire et à écrire en créole, puis passer au français..." (7)

Une hérésie sociologique niant la spécificité du parcours humain de la Réunion, arguant de sa jeunesse culturelle. (8 )
Une hérésie sociologique plus grave encore, qui a bénéficié de la caution complaisante de l'Université à la fin des années quatre-vingts :" La Réunion île multi-ethnique. " et qui fait fi de toute l'histoire de l'île. C'est là une présentation moderne d'une idée force de l'idéologie coloniale de la France à la Réunion. Elle procède des avatars nés de contradictions entre la projection à dix mille kilomètres de Paris du schéma mis en place par le pouvoir central pour l'entreprise d'unification de la France continentale et des paramètres géopolitiques et humains de la Réunion .

C'est ainsi que dès les premières années du peuplement, des impératifs économiques entraînèrent la remise en cause de l'ordonnance royale de 1663 par l'ordonnance de 1673 . C'est ainsi qu'après seulement dix ans de peuplement se posa la question : Comment endiguer l'édification inéluctable d'une personnalité de la population au fil des apports migratoires ? La philosophie fondamentalement dichotomique de la puissance coloniale ne sut jamais trouver de réponse définitive à la complexité humaine et sociologique de l'île. Il est troublant de constater avec quelle constance la classe dirigeante de l'île a jeté l'anathème sur les natifs qui n'entraient pas dans son jeu .Tout aussi remarquable est la considération , relative certes, dont elle a, par comparaison, fait montre pour certains groupes humains à forte personnalité susceptibles de s'inscrire dans ses stratégies du moment. Ce phénomène, particulièrement évident au début de l'ère du café, des épices, de la canne, nous concerne aujourd'hui, de manière à peine plus subtile qu'à l'époque d'Antoine Boucher, de Joseph Hubert, de Thomas ou de Marius et Ary Leblond.
La caution apportée jadis par les notables ou les gloires de la colonie l'est, aujourd'hui, par des universitaires qui, forts de leur infaillibilité aux yeux d'une opinion médiatiquement préparée , redéfinissent les contenus des concepts et s'engagent dans des constructions pour les besoins d'une idéologie yaltaïste au sein de la classe dominante. Dans un contexte marqué par le discrédit identitaire semé dans les milieux populaires depuis quarante ans et le verrouillage intellectuel pratiqué dans les milieux universitaires (9 ) la communication" Le peuplement de la Réunion : depuis 1848, dans un processus long de décréolisation, une recombinaison féconde à l'œuvre " faite par R . Squarzoni au colloque " Culture, identité, développement " en 1989, participe à la mise en place de règles d'un jeu susceptible de remettre en cause trois cents ans d'acquis du peuple réunionnais.

Que des réunionnais se réclamant d'une pensée cartésienne et d'un esprit rationaliste aient pu y souscrire a de quoi faire réfléchir. Le document le plus significatif de cette adhésion de toutes les élites réunionnaises à cette aberration est la liste des signataires, toutes appartenances politiques et confessionnelles confondues, de la pétition de la SCRECEC adressée au ministre de l'Education nationale. (10) Ce document aurait pu être un who's who prêtant à sourire dans une conjoncture moins grave. Le nombre et le statut social des personnalités se positionnant pour un refus de prendre en compte, avec la langue maternelle, l'identité réunionnaise à l'école n'incitait pas à l'optimisme. Il montrait aussi les dégâts incommensurables provoqués par l'imprégnation assimilationniste dans les esprits les plus éclairés de l'île. Il était difficile, par exemple, de ne pas être atterré en découvrant à la page 15 de la pétition, le nom de Mgr Gilbert Aubry - avec, certes, la casquette d'ancien membre du Haut Conseil de la Francophonie - mais qui reste aux yeux de l'opinion le chantre de la créolie.
Mais même si ces affirmations s'agençaient en une construction cohérente, une addition d'hérésies ne pouvait tenir la route face à la réalité du terrain.

Et avec le recul, la deuxième chose qui interpelle l'observateur, c'est la rapidité et la radicalisation de l'évolution de la situation en faveur de l'admission de l'identité à l'école. En l'espace de cinq ans, la position officielle sur la question est passée du rejet méprisant et sans appel à l'élaboration d'un plan académique pour le développement de la langue et la culture réunionnaises.
Et je dois dire, pour avoir participé à l'aventure, que si 1996, alors que nous en étions au stade de la conception du projet de L.C.R. au collège de Plateau Goyaves, nous rêvions d'obtenir un jour la reconnaissance pleine et entière de la discipline dans le système scolaire, nous ne pensions pas aboutir si vite à ce document qui va bien au-delà de l'esprit de loi Deixonne et qui mériterait d'être connu de tous (11)
En vérité, donner toute leur place à la langue et la culture réunionnaises à l'école ne pouvait être différé plus longtemps. Notre seul mérite dans cette affaire, est d'avoir été, dans le cadre de notre activité professionnelle, attentifs à des contradictions à l'origine de l'enrayement de la machine de l'Education nationale , d'avoir analysé lucidement la situation, d'avoir formulé les besoins non exprimés des victimes du système et de les avoir portés devant l'opinion (12)

Tous les indicateurs dont nous disposions en faisaient une nécessité.
- Recrudescence de l'illettrisme dans des proportions alarmantes chez les élèves scolarisés de plus en plus longtemps.
- Décalage de plus en plus important entre les codes de l'école et ceux du milieu familial.
- Perte de repères des élèves.
- "Régression globale des compétences" des élèves entre leur arrivée en maternelle et l'entrée au primaire (13)
Je fus personnellement interpellé dans mes discussions avec les parents par les informations qu'ils fournissaient sur le rôle d'agent déstabilisateur que jouait l'enfant dans la famille traditionnelle. C'était une donnée récente. Et cette donnée, jamais appréciée à sa juste valeur par les responsables de l'éducation, ne pouvait être perçue dans toute sa gravité qu'à la lumière du contexte historique de la Réunion.

La matrice identitaire réunionnaise s'est forgée dans la marginalité (14) A chaque avatar qui, au cours de l'Histoire, menaçait les groupes humains qui se la transmettaient ou y adhéraient, ceux-ci répondaient par l'auto-marginalisation et cette attitude que décrit bien le dicton " koudvan i aras pa trénas ". Ce fut le cas en 1676, 1723, 1830 ou encore 1848 etc. Dans la mesure où elle n'était pas menaçante pour l'ordre économique et politique colonial classique, elle put se perpétuer en marge de la culture dominante. Se complexifiant au fil des apports culturels neufs, elle atteignit toute sa dimension dans les années 50 (15)
Or depuis une ou deux décennies, cette identité a été mise à l'épreuve sur plusieurs fronts :
- l'application de plus en plus pointue de textes de loi conçus en dehors de sa réalité, les lobbies tenant la classe politique aussi, ont remis en cause des pratiques professionnelles, des habitudes de vie, des comportements sociaux, des préceptes mêmes, inhérents à l'identité du peuple réunionnais .
C'est ainsi que de "grandes" en "géantes" puis en "hyper", les surfaces commerciales ont destructuré des quartiers, fait exploser le tissu social et culturel existant autour des " boutik sinwa " et mis à mal des habitudes de consommation traditionnelles.
- Mais c'est le secteur éducatif qui, plus sensible, a révélé le mieux le caractère inédit d'une évolution qui s'est accélérée ces deux dernières décennies.

L'anomalie tient à la manifestation du phénomène dont j'ai parlé plus haut alors que le processus de démocratisation de l'éducation était déjà engagé depuis vingt ans . C'est ce qui fait qu'en apparence, elle n'a rien à voir avec la démocratisation de l'enseignement .
Pour le comprendre, il faut se souvenir que dans la première période, allant de 1960 à 1980 environ, la quasi inexistence d'écoles maternelles a eu comme conséquence l'arrivée à l'école d'enfants déjà ancrés dans leur culture. A cette époque, la marginalisation des élèves pour incompatibilité avec l'école se faisait dès les premières années du collège, voire à l'école primaire. L'enfant sortant du système scolaire à dix, douze ou quatorze ans restait en cohérence avec son milieu .
C'est, à l'époque où les premiers élèves se retrouvant au chômage avec CAP et BEP, le cas de cet élève de sixième qui me disait qu'il perdait son temps à l'école et me donnait comme argument que son père maraîcher illettré et sans aucune de formation particulière gagnait bien sa vie. Ce qui était on ne peut plus vrai.

Les statistiques s'affolèrent à partir du moment où se firent sentir les effets de la scolarisation à un âge de plus en plus précoce. Tandis que les syndicats, enfermés dans une logique quantitative faisaient de la surenchère sur la nécessité de la qualification du personnel et d'une augmentation du nombre de postes, on assista à une stagnation puis à une régression de la productivité globale de l'enseignement (16).
Les éléments chiffrés ne sont pas les seuls à prendre en compte.
On n'a pas apprécié à leur juste mesure les remarques faites par des parents :
- Lékol i rann marmay parès
- Koméla i giny pi di aryin marmay
- Marmay I ékout pi
- Marmay koméla lé zis bon pou fé aou la romark !
- Zot drwa, sa, zot i koné !

Dits maladroitement, ces propos sont pourtant le reflet de l'inadéquation entre le milieu familial et le nouvel univers de l'enfant : l'Ecole. Et l'on ne s'est peut-être pas assez demandé à quel moment se faisait la rupture ni dans quel champ cela se passait.

Le drame, c'est d'abord que les responsables de l'Education appartiennent à un autre monde, en phase lui, avec des valeurs et la norme culturelle que propose l'école et ils ne se rendent pas compte des dégâts causés par l'action de l'enfant sur son milieu familial (17) . Ils n'imaginent pas à quel point un mot, un comportement anodin de l'enfant en rupture avec l'environnement familial peut installer le doute, voire le désarroi, chez des adultes conscients de la remise en cause d'un héritage dont ils sont dépositaires. La déstabilisation du milieu familial, sa fragilisation, et par contrecoup la disparition pour l'enfant des références solides sur le plan de l'imaginaire, de la morale, du savoir, du savoir faire ne peut être perçu, vécu dans toute son ampleur que par ceux qui en sont victimes.


Le drame, c'est ensuite que les milieux les plus malmenés par cette inadéquation n'ont pas les mots pour exprimer ce désarroi. Et combien d'enseignants, étrangers à cet état de choses, ne se rendent pas compte de l'incongruité consistant à critiquer la réticence des parents à aller dans le sens de leur suicide identitaire !

On comprend donc l'importance de l'entrée de la langue et de la culture réunionnaises à l'école non pas comme marchepied, pour ne pas dire repoussoir, dans une stratégie d'acculturation manichéenne au Français, mais comme élément essentiel à la structuration de l'enfant . À partir de ce moment, cette école qui a été si longtemps le lieu d'affrontement de deux normes différentes, de deux modes de vie différents, de façons différentes de concevoir les réseaux familiaux, les goûts, les relations à l'autre, à l'environnement, au travail, à la justice et l'injustice, à la mort, permettra un rééquilibrage, car elle fera, dans la sérénité et loin des polémiques, la part des diplômes et celle du savoir, du savoir-faire, des compétences héritées du milieu familial réhabilité (18)

Et très vite, parce que les élèves passés par cette école-là seront ancrés dans leur réalité, elle obligera l'université à sortir de son ronron, à bousculer la recherche par une remise au centre de ses préoccupations de ce qui est important pour tout le pays et non les préférences subjectives de tel ou tel universitaire (19) Elle remettra la recherche en adéquation avec le terrain.
Je prends toujours comme exemple de l'inadéquation de la recherche avec les nécessités du moment le cas de cet universitaire qui après avoir travaillé pendant 10 ans à une thèse sur le géranium aboutit à la conclusion que dans les heures précédant un orage, la cueillette et la cuite donnaient des résultats optimaux. Très intéressantes, ces conclusions arrivaient cependant vingt ans après la crise de 1965, alors que le géranium était remisé au rang de culture marginale et moribonde. Et le comble, c'est qu'à l'époque où nous étions de loin les plus gros producteurs mondiaux de géranium, j'avais fait la connaissance d'un vieux planteur analphabète qui avait une maîtrise empirique parfaite de toutes les lois météorologiques de sa micro-région propices à la cuite la plus riche. Mieux, il m'a exposé clairement en créole ses connaissances. Mais c'était en 1963, l'année du début du grand déni identitaire.

Pour poursuivre sur les changements attendus sur le plan universitaire, les besoins des enseignants en ouvrages de base pour l'apprentissage de la langue (grammaires simples, fiches pédagogiques , dictionnaires bilingues, traductions créoles d'ouvrages écrits en langues étrangères) , contribueront à l'enrichissement de la langue. Et parce qu'aucune langue qui évolue ne peut se passer de néologismes, l'usage et l'enseignement de la langue et dans la langue permettra de faire le tri dans les néologismes, de rendre les plus utiles accessibles à tous. Alors qu'aujourd'hui, du fait du nombre restreint des utilisateurs , ils sont inaccessibles au plus grand nombre et confinent à l'ésotérisme les propos et écrits qu'ils enrichissent.
La démocratie y gagnera, la personnalité du plus grand nombre aussi .
De la même façon, une réactivation de la connaissance de l'environnement, des ressources qu'on peut en tirer sans en compromettre l'équilibre, peut donner un nouvel élan à des traditions dont la publicité avait détourné les réunionnais dans les domaines de l'agriculture, de l'artisanat, de l'alimentation, de la diététique, de l'usage de la pharmacopée.


On imagine dès lors le comportement des Réunionnais vis-à-vis de leur langue et de leur identité et le profit qu'ils pourront en tirer pour eux-mêmes et pour la Réunion. Car, pour tout dire, ceux qui, aujourd'hui, parlent de pôles d'excellence et de développement durable en privilégiant le tout économique et en ne s'intéressent à la culture que dans sa dimension festive, voire folklorique, s'inscrivent dans le droit fil de la pensée coloniale classique..


Et aujourd'hui, avec le plan académique pou rle développement de la langue et la culture réunionnaises, la balle est dans notre camp à nous, parents, enseignants, universitaires, militants associatifs (20). Mais rien n'est gagné d'avance. Car, pour reprendre le mot de Churchill, " ce n'est pas la fin , ce n'est pas le commencement de la fin, ce n'est que la fin du commencement. " (21) La fin du commencement d'une ère de propositions, de travail, de vigilance, et d'obstination pour que nous parvenions, comme le dit avec passion Patrick Chamoiseau, " comme tout peuple se doit, à charroyer notre centre en nous "(22)

Roger THEODORA (P.E.G.C. retraité ; MRICR/MRLKR)
Communication faite au KABAR POU LA KREOLITE - Saint-Gilles le 18 décembre 2002 -

(1) Paul HERMANN : Histoire et géographie de l'île de la Réunion, cinquième édition ,1923, chez Delagrave (Paris)
(2) Eugène SOURIS : Histoire abrégée de l'Ile de la Réunion. Librairie Cazal .Saint Denis , La Réunion, 1954
(3) livret d'alphabétisation
(4) livre de lecture utilisé à l'école primaire
(5 ) SARCEMATE : Lansèyeman La Rénion… in plan kolonialise…imprimé chez R.E.I. , Saint Denis , La Réunion, 1969
(6 ) André SCHERER : Histoire de la Réunion, page 124 " Que sais-je ? " N° 1164 P.U.F 1965
(7) .passage extrait de l'interview d'Alain BENTOLILA , professeur de linguistique générale à l'université de Paris-V dans la rubrique Le point avec... in Le Monde, La lettre de l'éducation, N° 344, 28 mai 2001.
(8 ) contredite s'il en était besoin, par nombre de travaux universitaires dont l'un des plus remarquables sur cette question est l'ouvrage de Prosper EVE : " La religion populaire à la Réunion " , Editeur : I.L.A. 1985, qui reprend un certain nombre de conclusions du mémoire de maîtrise " Culte des saints, médiateurs et intermédiateurs à la Réunion " soutenu par l'auteur en 1977 et sa thèse de doctorat du IIIème cycle " La mort à la Réunion à la période moderne et à la période contemporaine " soutenue en 1983
(9 ) Roger THEODORA " La graphie phonético-phonologique du créole réunionnais entre la raison technique et les non-dits idéologiques " dans Actes du colloque sur la codification des langues de France , Editeur L'Harmattan, 2002, pages 219 à 232 ,
(10) suite à une mission du CREDIF, la Société Réunionnaise Contre l'Enseignement du Créole se prononçait le 1er juillet 1996, dans un document accompagné d'une pétition pour la suppression de la structure " Le créole à l'école " et la suppression du créole écrit et oral à l'IUFM
(11) texte consultable sur le site dans la partie textes officiels .
(12)nous avons alerté l'opinion tant au niveau local par des conférences de presse qu'au niveau national auprès du ministère de l'E.N. du Premier ministre et du Président de la République et international ( Parlement européen, Défense des enfants International - France).
(13) résultats d'une enquête menée, à la demande du Recteur de la Réunion, dans la circonscription de Saint Louis. Le Rectorat a toujours refusé d'en rendre publics les résultats.
(14) Jean-Luc THEODORA: Identité marginalisée, identité assumée, identité transmise : Saint-Philippe 1735, 1850, contribution de la population d'une commune à l'identité d'une île . Mémoire de maîtrise, 1995.
(15) voir note 8.
(16) le MRLKR a établi en 2000 un dossier exhaustif sur la question. Ce dossier a été remis par le Président du Mouvman au ministère de l'EN .
(17) l'évolution des attaches socio-linguistiques des enseignants exerçant à la Réunion peut être analysée dans le détail à travers les données chiffrées de l'Académie, et les chiffres de l'Insee, en particulier,les recensements généraux allant de 1974 à 1999
(18) préoccupation mise en exergue par différents auteurs ayant relevé les contradictions d'une école à la dévotion de la société de consommation. Entre autres auteurs : Ivan ILLICH, Une société sans école, le Seuil, 1971 .
(19) voir la communication de Raoul LUCAS: Politique de recherche et dynamiques sociales à la Réunion.
(20) Création d'un Conseil académique des langues régionales. D. n° 2001-733 du 31-7-2001. JO du 5-8-2001 (voir sur le site la partie textes officiels)
(21) paroles prononcées à la fin de la période où, pendant la seconde guerre mondiale, le renversement des alliances marquait la fin de l'isolement de l'Angleterre face à l'Allemagne
(22) Patrick CHAMOISEAU " Enrayer la violence en Corse ", samedi 27 et dimanche 28 novembre 1999

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