Histoire - Listwar - Histoire - Listwar -Histoire - Listwar -Histoire - Listwar -Histoire - Listwar -Histoire - Lis
revenir en arrière/pou artourn an-aryèr

Lorsque mes recherches sur le passé lointain des Iles Mascareiognes m'amenèrent à prendre en compte la carte de Flacourt, je fus confronté à des commentaires d'historiens à ce point superficiels et incohérents que je consacrai une partie de mon étude à réexaminer le document cartographique dans son contexte. Pour les besoins de ma démonstration, les conclusions de mon analyse n'épuisèrent pas le sujet. Depuis, j'ai poursuivoi mes investigations sur le sujet jusqu'à les mener à leur terme. Pour user d'une formule facile, je dirai que "la carte... ou plus exactement les cartes ont parlé", permettant du coup de faire passer du domaine du zistwar à celui de l'histoire certains événements de la période allant de 1642 à 1669...........Roger Théodora

______________________________________________

Ne confondons pas Histoire et Zistwar

Ces bavardes cartes anciennes de Bourbon.

Il faut prendre avec beaucoup de circonspection les attributions de légendes de cartes faites par les historiens qui ont eu à travailler sur les débuts de l’histoire de la Réunion. Il semble en effet que trop souvent les cartes aient eu à leurs yeux une importance très relative et qu’elles n’aient fait office que d’illustration à leurs développements. Ce rôle mineur qu’ils ont attribué aux documents cartographiques les a conduits parfois à tomber dans ce qui est un comble pour un historien : l’anachronisme. Pis ! Il leur est arrivé, à partir d’une absence de lecture critique d’une carte, de se conformer à un anachronisme véhiculé par un auteur de référence qui les avait précédés pour se lancer dans des développements erronés. Pour ne prendre qu’un exemple, une monographie sur Sainte Suzanne (1), par ailleurs très documentée, réunit ces deux faiblesses de l’historien dans l’utilisation de ces cartes géographiques anciennes.
- La première consiste à prendre 1646 comme date de départ de l’installation des hommes dans le quartier de Sainte Suzanne, en faisant confiance aux historiens du XIXème siècle repris par Barassin .
- La deuxième est le choix d’une carte faussement attribuée à Feuilley et Boucher (2) comme illustration de la période en question.

A - Présentation des cartes dites « de Flacourt ».
Si l’on considère comme n’étant pas dignes d’intérêt celles dont on sait qu’elles sont des reproductions exécutées bien après coup (3) et illustrant des ouvrages publiés après le premier quart du XVIIIe siècle, quatre cartes méritent notre attention. Pour faciliter la lecture de notre exposé nous les nommerons Bourbon-éditée, Bourbon-dessinée, Leguat-édité et 218-2-1D.

visiteurs

Bourbon-éditée est la carte figurant dans les éditions de 1658 et 1661 du livre de Flacourt. Une reproduction en est répertoriée également H161850, au département des estampes et manuscrits de la BNF, dans le Recueil topographie. Afrique. Tome 15, Ile Maurice ainsi qu’à la page 1 de l’album de cartes et plans C°2808 aux Archives départementales de la Réunion.

Cette carte est quasi unanimement admise comme étant LA carte de Flacourt. La plupart des ouvrages parlant du début du peuplement de la Réunion l’utilisent comme illustration.

I - Identification traditionnelle des documents
a - les cartes dites « de Flacourt »

Carte de l'isle Ste Marie nommée par les habitants Isle d'Abraham, du pays de Ghalemboule Sahauh et adjacens: L'Isle de Bourbon, anciennement ditte Isle de Mascaregne et sa référence bibliographique est : Gaignières, 6448 "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés au département des estampes et des manuscrits", Bouchot Henri, Paris, 1891 , t.2. Une reproduction photographique du document existe aussi aux ADR dans l’album C°2808 page1.
Le seul ouvrage où je l’aie vu figurer est le livre d’Ève Prosper sur Sainte Suzanne.

Bourbon-dessinée est moins connue. Archivée à la BNF et répertoriée H161848 , elle partage avec l’île Sainte Marie, sous forme de c roquis à la plume et encre brune, une planche de 35,7x28cm présentée comme ayant été dessinée par Flacourt et intitulée :

sont inscrits sont identiques à ceux de la carte 218-2-1D présentée plus loin. En marge, à droite, a été reproduit le dessin de la stèle figurant dans le livre de Flacourt avec l’inscription gravée par les Portugais : « Ioannes IIII dei grat. Rex portugaliae N. S. an. DOM. 1545 »
Cette carte, également attribuée à Leguat dans ADR C°2808 page 1, a été portée à la connaissance du grand public réunionnais par Lougnon (4) . Mais avant lui, de nombreux historiens se sont servis du montage de l’illustration pour émettre l’hypothèse que les Portugais avaient découvert l’île en 1545.

b - Les cartes dites « de Leguat »
Leguat-édité c’est la carte dite de Leguat. Cet auteur s’en sert, en effet pour illustrer la description qu’il donne de l’Isle d’Eden (Mascareigne) dans son livre publié en 1707. Le dessin de l’île et les noms des différents lieux qui y

En plus du dessin de l’île, on peut y voir en bas à gauche la reproduction de la fameuse inscription « AR.N. 1653 Lodoico XIIII gall. rege St.Flacour  gall. in hac insul. moder. lap. Hunc pos in basi sub.+ signo srciptū incl. O ! advena! lege monita nostra tibi-tuis. Vitaeque tuae profutura cave ab incolis vale. » gravée par Flacourt sur l’une des faces de la stèle de l’islot des Portugais. Et à droite, l’inscription faite sur l’autre face de la même stèle et dont il a été question dans la présentation de la carte Leguat-édité. Au verso de la carte est écrit au crayon : « Isle Bourbon par le Sr de Flacourt 1653 ».

Mais si sa référence bibliographique y est exacte, l’auteur lui attribue la légende erronée : « minute de la carte de Boucher et de Feuilley (1704) »
218-2-1D est une très jolie carte d’environ 50cm de côté, sur papier de qualité, dessinée à l’encre brune avec le dessin des côtes et des cours d’eau à l’encre bleue.Elle est archivée dans la réservedu département des cartes et plans de la BNF sous la cote Portefeuille 218 Div. 2 pièce 1D.
Cette carte est répertoriée au catalogue de la BNF comme carte de Flacourt. Depuis une vingtaine d’années, faisant confiance à cette présentation, plusieurs ouvrages techniques accessibles au grand public l’ont présentée sous l’appellation « carte de Flacourt ». Il en existe une reproduction photographique dans ADR C°2808 page 1, mais elle y est signalée comme étant de Leguat.

II - Tentative d’analyse des cartes
a - Le dessin, premier critère d’identification
Comme on le voit, l’identification des cartes n’est pas, de prime abord, évidente. Surtout lorsqu’on prend en compte la carte 218-2-1D qui est attribuée aussi bien à Flacourt et datée de 1653 qu’à Leguat qui n’aurait pas pu la dessiner avant 1698 soit 45 ans plus tard.
Pourtant, les calques qui suivent mettent en évidence qu’il y a parenté entre les cartes Bourbon-éditée et Bourbon-dessinée d’une part, et Leguat-édité et 218-2-1D d’autre part.
En effet, en admettant que Bourbon-dessinée ait été de la main de Flacourt, le dessin n’a pu servir de matrice qu’à Bourbon-éditée qui en est sa réplique parfaite. Le fait que la carte Bourbon-éditée, intégrée au livre de Flacourt, soit plus complète, ajoute à la crédibilité de cette hypothèse.

En revanche 218-2-1D, également présentée comme carte de Flacourt, ne respecte pas les proportions des deux cartes précédentes. Elle présente les mêmes caractéristiques que Leguat-édité, dite carte de Leguat dont elle est la réplique, à moins que ce ne soit l’inverse. Ces cartes se distinguent des cartes de Flacourt (Bourbon-éditée et Bourbon-dessinée) d’abord par les proportions du dessin d’ensemble leur donnant un aspect plus ramassé certes, mais aussi par d’autres détails. Les rivières y sont moins nombreuses : entre la grande rivière du galet et la rivière Saint jean il n’y a plus six rivières mais deux.

En vert le tracé de 218-2-1D, en bleu, celui de Leguat-édité . En rouge, les nouveaux noms de lieux, les noms à l’orthographe différente de celle qu’ils portent sur les cartes Bourbon-éditée et Bourbon-dessinée ou ne correspondant pas aux lieux qu’ils désignent sur ces mêmes cartes.

En violet, le tracé de Bourbon-éditée. En rouge, le tracé de Bourbon-dessinée. les noms de lieux en noir sont communs à Bourbon-dessinée et à Bourbon-éditée. Les noms en vert figurent surBourbon-éditée et non sur Bourbon-dessinée.

b- L’emplacement des toponymes
Les régions intéressantes sur le plan agricole y font leur apparition, désignées par des expressions beau païs, bon païs appartenant au vocabulaire des administrateurs de Bourbon après 1665. Et surtout, il y a eu confusion entre le Cap St Bernard et ce qui sera nommé la pointe du Galet en 1681 sur la carte de Ricous. Ceci prouve que le facteur a copié Bourbon-éditée en ignorant tout du littoral nord et ouest de l’île.
De la même façon, dérouté par l’apparente contradiction entre l’emplacement de la possession du Roy à l’est de la ravine des lataniers et la lecture qu’il a dû faire du texte de cette prise de possession par Roger Le Bourg, il a choisi d’être en cohérence avec ce détail du texte : « nous sommes assemblés cejourdhuy en l’habitation de st paul ». Autre élément situant dans le temps la carte Leguat-édité, le terme islet utilisé par Flacourt dans ses écrits et logiquement dans les cartes Bourbon-dessinée et Bourbon-éditée, a été remplacé par celui d’islot (5) qui se substitue progressivement à lui au cours de la première moitié du XVIIIe siècle et qui fait son apparition dans le dictionnaire de l’Académie française en 1762. Compte tenu des libertés prises par l’auteur de Leguat-édité vis-à-vis de Bourbon-éditée, ce choix est tout à fait logique quand on sait que le premier tirage du livre de Leguat date de 1707. La désignation des régions propices à l’agriculture répond, par l’insistance sur la qualité des terres, à la préoccupation d’Henri Duquesne dans son Recueil de quelques mémoires servant d’instruction pour l’établissement de l’île d’Eden paru en 1689 à Amsterdam. Sans toutefois le soutenir mordicus, on peut donc avancer que la carte a été dessinée vers 1689.

c- La chronologie à l’épreuve de l’orthographe
Quant à savoir laquelle des deux cartes de Leguat a servi de modèle à l’autre, là encore, l’orthographe de certains mots nous aide à dire avec certitude que 218-2-1D a été bien postérieure à Leguat-édité.
Le terme « païs » utilisé pour désigner une région, une contrée, une province est signalé dans Nicot, Tresor de la langue française (1606). Il côtoie encore « pays » dans le Dictionnaire de L'Académie française, 1ère Edition (1694). Mais il a disparu, avec la même acception, au profit de « pays » comme en témoignent les expressions citées en exemples Bon pays, Pays de chasse, Beau pays, dans le Dictionnaire de L'Académie française, 4ème Edition (1762)
Le terme « estang » est encore présent dans le Dictionnaire de L'Académie française, 1ère Edition (1694) mais il a disparu au profit de « étang » dans le Dictionnaire de L'Académie française, 4ème Edition (1762) ;
Quant à l’adjectif « sousterrain », utilisé dans les expressions vents sousterrains, vapeurs sousterraines, feux sousterrains données en illustration il fait son apparition dans le Dictionnaire de L'Académie française, 1ère Edition (1694)
Ainsi, la belle carte rangée précieusement dans la réserve de la BN sous l’identité Port. 218 Div II pièce 2, attribuée par les archivistes de la BN à Flacourt et datée par eux de 1653, n’est qu’une copie, pas même d’un dessin de Flacourt, mais la copie postérieure à 1730, voire 1750, d’une carte attribuée à Leguat, elle-même inspirée de Bourbon-éditée mais agrémentée d’inexactitudes et théoriquement dessinée vers1689.

III – Remarques sur la carte de Flacourt figurant dans Histoire de la Grande Isle Madagascar.
a - Le dessin de Bourbon-éditée a été achevé après 1658.
L’acte de vente des exemplaires du livre de Flacourt ayant été signé le 24 avril 1658, les lecteurs n’eurent pas droit au récit d’Antoine Thaureau dans cette première édition. Ce dernier, exilé alors à Bourbon depuis « trois ans et huit mois sans entendre aucune nouvelle de l’île de Madagascar » n’en partit qu’en juin 1658 et arriva à Maderaspatan le 12 juillet. Sa relation ne parvint en France qu’après juillet 1659 puisque le récit de la prise du Fort de Pondamaliou qui s’acheva fin décembre 1658 y figure. C’est admis par les exégètes de Flacourt.
Il se trouve que dans la description qu’il donne de Bourbon, Thaureau parle de « sept belles rivières qui proviennent toutes d’un grand lac qui est tout entouré de montagnes ». Ce détail n’étant pas consigné dans la description de Bourbon faite par Flacourt à partir des informations données par les mutins qui avaient précédé Thaureau à Mascareigne entre 1646 et 1649, l’auteur d’Histoire de la Grande Isle Madagascar ne put donc dessiner une carte, Bourbon-éditée ou Bourbon-dessinée, sur laquelle figure ce détail qu’il ignorait. Cette particularité démontre du même coup que le dessin définitif de la carte dépendant du récit de Thaureau date, au plus tôt, du deuxième semestre 1659.

b– Bourbon-éditée a été montée après coup dans les exemplaires de l’édition de 1658 et 1661
Voilà qui est déroutant quand on sait que la carte Bourbon-éditée se trouve dans l’exemplaire de l’édition de 1658 conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, entre les pages 258 et 259. Une seule conclusion s’impose donc : la carte Bourbon-éditée a été intégrée, après coup, dans les exemplaires où elle figure. Cette explication est confortée par l’examen des cartes figurant dans des exemplaires de l’édition de 1661. Sur le microfilm de l’exemplaire de l’édition de 1661 conservé à la Bibliothèque Nationale, la carte, seule planche dont le format est plus petit que celui du livre, est après la page 266, tandis que dans l’exemplaire de l’édition de 1661 conservé à la Bibliothèque Sainte Geneviève elle est entre les pages 286 et 287. De plus, dans tous les exemplaires consultés, les illustrations se répartissent en au moins quatre catégories de styles différents et celui de la carte de Bourbon est unique.
Cette remise en cause de la datation des cartes de Bourbon attribuées à Flacourt ouvre la voie à l’analyse de ces documents pour y trouver ce qui y est redevable à des prédécesseurs de Flacourt, à Flacourt lui-même, à Thaureau et aux occupants définitifs de l’île.

B - Quelle fut la première carte dite « de Flacourt » ?

 La première question à éclaircir c’est de savoir laquelle a été de Bourbon-éditée et Bourbon-dessinée la première des « cartes de Flacourt ». Si l’on tient compte de l’état d’avancement de réalisation du dessin, Bourbon-dessinée n'est pas la copie de la carte achevée Bourbon-éditée insérée dans volumes des éditions 1658 et 1661, mais plus sûrement la copie d'une matrice à partir de laquelle a été exécutée la carte Bourbon-éditée. Cette copie a été exécutée au plus tôt en 1670, année où débuta la collection de Roger Gaignières qui préférait, pour des raisons de coût, faire exécuter des copies plutôt qu'acquérir des originaux. Le dessin qui nous intéresse, exécuté à la plume, se situe à la deuxième étape de la reproduction de l'original lui-même exécuté après 1659. Lorsqu’on compare les deux cartes, la partie de la carte comprise entre l' étang du Golfe et la Pointe des Grands Bois est bien plus complète sur Bourbon-éditée que sur Bourbon-dessinée et plusieurs toponymes existant sur Bourbon-éditée ne figurent pas sur Bourbon-dessinée. Il faudrait en déduire que l’original dont Bourbon-dessinée est la copie étant postérieur à 1659, la réalisation de Bourbon-éditée est postérieure à 1665 comme le laissent supposer la présence de certains toponymes qui y figurent. De ce constat, nous sommes amenés à revoir les faits et dates liés à ces toponymes.

I - Tentative de reconstitution des étapes de l’élaboration du modèle de Bourbon-dessinée
À qui doit-on la première esquisse de cette carte de l’île ? La rigueur et la précision des détails du pourtour, avec les embouchures de ravines, les étangs et plans d’eau, les points d’identification de l’île, la Montagne Rouge, le Pays Brûlé, le cap Saint Bernard mais aussi la Pointe de Grands bois, zone d’approvisionnement possible en mâts et vergues, indiquent que pour ses proportions et son dessin d’ensemble, la carte a été pour la forme et les toponymes que nous lui connaissons, le fruit d’un long processus et non le fruit des informations fournies par les ligueurs concrétisées par le seul talent de Flacourt. (6)

a - La contribution des Anglais, des Portugais et des Hollandais
Avant même les premières visites des Français, l’île fut décrite par des navigateurs et fit certainement l’objet de documents cartographiques anglais et hollandais.
Des descriptions détaillées dont nous disposons sur les passages à Mascareigne, il ressort qu’en 1613 Castelton longea l’île entre la région de l’Anse des Cascades et le Cap Bernard, qu’il jeta l’ancre dans la région de l’étang du Bois Rouge qu’il explora. En 1619 Bontekoe aborda l’île par le nord-est. Il la longea jusqu’à la Possession où il fit descendre les malades avant d’ancrer le vaisseau face à l’étang de Saint-Paul. Le récit de l’escale de Bontekoe publié à Amsterdam en 1646 divulgua l’information.

b - La contribution de Goubert
Mais Goubert, parti de France en 1638, n’en bénéficia pas. De plus, en 24 heures de séjour à Mascareigne, il ne put faire le tour de l’île. Le document cartographique dressé par ses pilotes a dû préciser seulement la zone couvrant la côte allant du cap Bernard au cap de la Marianne. Il est en effet intéressant de souligner deux détails abondant dans ce sens. Le premier c’est que le nom de Saint Paul correspond au 29 juin, jour d’arrivée du Saint Alexis à Mascareigne. Le deuxième, c’est la carte de Cauche qui, quoique grossière, conforte le récit de son passage aux Mascareignes.

« Le vingt-cinquième juin 1638 nous abordâmes l’île de Diégo Rois [ou Rodrigue] (…) Nous y descendîmes et y arborâmes les armes de France contre un tronc d’arbre, par les mains de Salomon Goubert [fils du capitaine] (…) Aussitôt que les armes du Roi y furent posées, ceux qui avaient eu charge de le faire retournèrent à nous dans la chaloupe qui les y avait portés(…) De là nous tirâmes en l’île de Mascarhène (…) où nous arborâmes aussi les armes du roi(…)Ayant séjourné vingt-quatre heures en cette île, nous fûmes surgir en celle de Sainte-Apollonie, qui est à un degré plus haut, tirant vers la Ligne, en intention de l’habiter. Mais étant entrés au port qui est entre le sud et l’est, c’est-­à-dire le midi et le levant, nous trouvâmes la place prise par des Hollandais qui y bâtissaient un fort» (7)
Fragment de la carte de Cauche commenté par nous.

D’abord Goubert de retour en France, mais aussi les membres de son équipage restés à Madagascar divulguèrent certainement sur Mascareigne et la baie de Saint-Paul des informations qui profitèrent aux commandants des navires armés par la Compagnie française des Indes Orientales à partir de 1644.

 c - La contribution de Cocquet, Pronis et Régimont
Plus qu’à Goubert, c’est à Cocquet et Pronis qu’on doit l’atterrissage à l’est de la Ravine à Marquet et le signalement de la prise de possession à cet endroit. En quittant la France en Mars 1642, Ces derniers, devant prendre possession de Rodrigues et Mascareigne, n’échappèrent pas à la route obligée : passer par Rodrigues et revenir sur Mascareigne avant d’aller à Sainte Marie. Suivant le récit qu’en fit Flacourt :
« Cocquet arriva en la dite isle environ le mois de septembre, et, en passant, alla aux isles de Mascareigne et Diego Rois, desquelles isles le sieur Pronis prit possession au nom de sa Majesté Très Chrétienne et passa en l’Isle Saincte ­Marie et à la Baie d’Antongil»
Bien que nous ne disposions d’aucun renseignement sur la durée du séjour ni sur une éventuelle reconnaissance du lieu, il est possible, en considérant l’angle d’approche de l’île par l’est le plus fréquemment consigné dans les récits, de dire par déduction qu’ils virent l’île au sud ouest de leur position, s’y dirigèrent, et vents alizés et courants aidant, furent entraînés au-delà d’un cap qu’ils doublèrent le 20 août 1642 et qu’ils baptisèrent Saint Bernard, du nom du saint du jour, avant de jeter l’ancre en baie de la Possession et de débarquer à l’est de la ravine à Marquet. Et une fois arrivés à Bourbon, il était inclus dans la mission de Pronis de reconnaître l’île, au moins sommairement. On peut penser sans crainte de se tromper que c’est à cette occasion que fut accompli le tour de l’île en bateau et que furent collectés les relevés des dimensions aboutissant à l’ébauche du premier document cartographique préfigurant la « carte de Flacourt ». D’autant que Pronis et Cocquet allaient trouver un relais en Régimont « capitaine bien expérimenté à la navigation » arrivé à Fort Dauphin le 1 er mai 1643 et rentré en France le 17 juin 1644.
Or, tous les navires quittant Dieppe pour le compte de la Compagnie disposaient à coup sûr, comme c’était la tradition dans toutes les marines, de cartes des zones du monde où ils se rendaient. Dès juin 1644, donc, ils avaient à leur disposition une carte de Mascareigne sur laquelle devaient figurer, au moins, les inscriptions Saint Paul, le cap de Saint-Bernard, la possession du Roy, la Montagne Rouge, la pointe des Grands Bois et l’islet.

d - La contribution de Roger Le Bourg
En juillet 1646, lorsque Le Bourg arriva à Fort Dauphin, il disposait d’une copie du document. Et lorsque la barque s’en fut déposer les ligueurs à Mascareigne en janvier 1647, son capitaine savait où jeter l’ancre sans risquer un échouage irrémédiable comme celui dont la barque chargée d’ébène venait d’être victime aux Antavares.
En 1649, la barque chargée de récupérer les exilés se rendit à Saint Paul qui, sur la carte, avait dû entre-temps être agrémenté de l’inscription « habitation de Saint Paul » reprise par Le Bourg dans le récit de sa prise de possession pour le compte de Flacourt. Quand arriva-t-elle à Mascareigne ? On peut supposer qu’elle n’arriva pas en vue de l’île par le nord mais par le sud-ouest, comme ce fut le cas en 1665 pour l’Aigle Blanc et qu’elle crut atteindre l’habitation des Français à la hauteur de l’embouchure de la ravine de Saint Gilles. En effet, arrivée à Fort Dauphin le 7 septembre elle avait dû atteindre Mascareigne le 1er septembre, jour de la Saint Gilles. En tout cas, c’est la seule explication à l’inscription de ce toponyme se trouvant sur la carte qui permit au commandant de l’Aigle Blanc de savoir où il avait jeté l’ancre le 20 juillet 1665.
Lorsqu’on lit le récit de Flacourt, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la réaction de Le Bourg lorsqu’il recevait l’ordre de se rendre à Mascareigne. Par deux fois il préféra y envoyer une barque que d’y aller :
- en 1646 lorsque qu’il fut question d’y transporter les ligueurs
- et en 1649 quand il fallut les en ramener.
Sa réticence, qui aurait pu passer pour un refus d’adhérer à la décision de Pronis de bannir les ligueurs, devenait suspecte lorsqu’il biaisa pour ne pas aller les récupérer sur l’ordre de Flacourt. Ce dernier considéra qu’il agissait « par malice » et se crut obligé de lui imposer d’aller prendre possession de l’île.(8)
En réalité, le refus de Le Bourg était peut-être dû à la conscience qu’il avait de son manque d’assurance en matière de navigation hauturière (9). Lorsqu’il revint de France pour la deuxième fois avec Flacourt à son bord, n’alla-t-il pas en effet, cherchant Fort Dauphin, atteindre la terre malgache cent cinquante milles au nord de l’endroit ciblé ? Flacourt aurait donc dû le prendre au sérieux lorsqu’il avoua « qu’il fut cinq semaines à chercher cette isle ». Ceci dit, il faut convenir que l’importance des anticyclones dans la zone, aux mois d’octobre et novembre, avaient dû l’obliger à descendre chercher des vents porteurs pour atteindre l’île par l’est.
Parti de Fort-Dauphin la première semaine d’octobre 1649, Le Bourg parvint à Mascareigne la deuxième semaine de novembre, le 12 probablement. Il jeta l’ancre face à une rivière et se rendit compte, en visitant les lieux, qu’ils ne portaient pas trace de l’habitation des Français. Il fut décidé de reprendre la mer et de longer la côte jusqu’à Saint Paul, non sans avoir donné à la rivière le nom du saint fêté ce jour là .(10)

II - Tentative de reconstitution des étapes de l’élaboration de Bourbon-éditée
a -Contribution de Thaureau
À la différence des douze ligueurs qui avaient été relégués à Mascareigne sans disposer du minimum nécessaire pour un établissement, Thaureau vint dans l’île avec un véritable projet. Le tour de l’île qu’il accomplit en onze jours s’inscrit, comme il le précisa, dans une logique de prospection et de mise en valeur de l’endroit :
« En attendant la saison de planter nous prîmes résolution de faire le tour de l’île, un autre Français et moi, pour découvrir ce qu’il y avait à faire et pour connaître la terre.»
Thaureau ne visita jamais l’intérieur de l’île. La supposition qu’il formula de l’existence d’un lac intérieur détourna de son récit bon nombre d’historiens modernes qui, suivant le jugement de François Martin, considérèrent que « L’étang que l’on voit marqué dans les cartes est apparemment un jeu de dessinateur. »
S’ils avaient lu avec attention le récit qu’il fit de son tour de l’île, ils auraient fait la part des choses et lui auraient rendu justice. Car, à la différence des récits de François Martin, Dellon et Dubois qui ne s’éloignèrent guère des lieux habités, la concision et la rigueur de sa description de la zone littorale de Bourbon est la première contribution sérieuse à la connaissance de la géographie de l’île. Une lecture moderne peut même expliquer la supposition qu’il fit de l’existence du lac intérieur. En effet, il entreprit le tour de l’île au mois d’octobre, c'est-à-dire en pleine saison sèche, par le nord et l’est pour rentrer à Saint Paul par le sud-ouest. Et, nous dit-il,
« Au bout de deux jours que nous fûmes partis, nous trouvâmes un côté de l’île, qui est depuis la pointe du nord jusqu’à la pointe de l’est, de 15 lieues de long, bien habitable et fort agréable, qui est une terre belle, toute entrelacée de sept belles rivières qui proviennent toutes d’un grand lac qui est tout entouré de montagnes.»
Ces sept grandes rivières pérennes dont il parle sont la rivière des Pluies, la rivière Sainte Suzanne, la rivière Saint Jean, la rivière du Mât, la rivière des Roches, la rivière des Marsouins et la rivière de l’Est. Les gorges de certaines d’entre-elles ont pu être à l’origine de sa déduction. Par effet de contraste, il signale, dans la suite de son périple, la différence entre la région au vent et la région sous le vent.
Ainsi, c’est à partir du récit de Thaureau et non celui de Flacourt que l’auteur de la carte dite « de Flacourt » enrichit la matrice. On peut en effet voir sur Bourbon-dessinée la reproduction graphique fidèle de cette phrase du récit de Thaureau:
« En traversant le pays, de la pointe du sud à la pointe de l’ouest, est encore une petite contrée d’environ six lieues où il y a un étang et une rivière qui traverse tout le pays. »
La ravine du Gol et la rivière Saint Etienne y sont confondues. Cette confusion sera rectifiée sur la carte Bourbon éditée.

Le montage ci-dessus met en exergue la connaissance que les informateurs du facteur de Bourbon-dessinée aveient de l'île. Nous avons souligné en vert les lieux bien connus, en bleu, les lieux moyennement connus et en jaune les lieux mal connus ou non découverts (le centre et la région du volcan).

b - La contribution de Regnault
Avec l’acte symbolique de la colonisation officielle de l’île, en juillet 1665, se posa la question de la circonscription des lieux et la mise en place des repères sur le territoire. Aux environs de juillet 1666,
« Le sieur Regnault, par ordre de monsieur le Général, avec un pilote, un ingénieur et quelques autres, a fait le tour de l’île par terre, en vingt jours, pour en bien reconnaître les endroits et les situations. Ils en ont dressé une carte assez exacte.» (11)
Le temps que mit Regnault à faire le tour de l'île, la composition de l'équipe qui l'accompagna pourraient laisser supposer que des rectifications sensibles furent apportées au dessin général de la carte de l’île. Plusieurs cartes anonymes et non datées de l'époque pourraient être le fruit de cette reconnaissance. Mais ce qu'il est possible de dire, c'est que la carte Bourbon-éditée elle-même en bénéficia. Elle s’enrichit du dessin de la barrière corallienne et plusieurs toponymes firent leur apparition : La rivière Saint-Étienne qui précisa la correction apportée à Bourbon-dessinée, les traces de la quasi totalité des rivières et ravines et la dénomination de certaines d'entre elles. Rivière de l'Est, rivière du Marsoin, Rivière du Mast dont les environs vont devenir le lieu d'approvisionnement en mâts et vergues pour les navires ayant subi des dommages pendant la traversée entre la France et Bourbon (12) . Et puis apparut aussi l’Habitation de l'Assomption rajoutée en 1667 lorsque Regnault encouragea des habitants à s’installer dans le Beau Pays.

Une part de mystère qui interpelle.
Il est ainsi vérifié que l’exécution de la carte de Bourbon figurant dans Histoire de la grande isle Madagascar n’est pas l’œuvre de Flacourt. La matrice à l’origine des deux cartes que nous avons étudiées est postérieure à 1659 et la carte définitive a été exécutée, au plus tôt, au dernier trimestre 1666, soit cinq ans après la mort de Flacourt. La carte à laquelle Leguat fait référence dans la partie de son récit consacré à Bourbon est une copie imparfaite de la carte de Flacourt réalisée aux environs de 1689.
Ceci étant, la «carte de Flacourt » garde une part de mystère. Qui a décidé de l’intégrer après coup à l’ouvrage de Flacourt ? Pourquoi et quand ? Ce sont autant de questions qui interpellent les historiens car elles les obligent à abandonner la position consistant à se réfugier derrière la sacro-sainte expression «la tradition veut que » pour relire avec un regard plus vigilant les témoignages écrits de cette période de l’histoire de La Réunion.

C - Remise en cause de la version officielle de l’aventure des douze ligueurs à Bourbon
N’ayant pas vérifié les dires des historiens du XIXe siècle, certains historiens actuels - eux-mêmes relayés auprès du grand public par les guides touristiques – ont répandu la version connue de l’aventure des douze exilés, sans cesse enrichie d’un anachronisme, du nom d’un navire de consonance historique, d’un toponyme à résonance évangélisatrice, d’une initiative opportune prêtée aux intéressés. Bref, on a beaucoup spéculé sur le débarquement de ces derniers à la Rivière Saint Jean et sur leur résidence au même lieu baptisé Habitation de l’Assomption. Cela a abouti à des versions telles celle-ci :
« On les embarque sur un vaisseau de haute mer, le « Saint-Louis » (13) , et le départ a lieu presque dans la bonne humeur. Bons vents, bonne traversée. Rien de remarquable sur le livre de bord. Et on les débarque sur la côte nord-est de notre île, à l’embouchure de la Rivière Saint-Jean.
On leur abandonne, pour preuve d’humanité dans une juste rigueur, force nourriture, des semences pour se tirer d’affaire, des outils, des armes et quelques chèvres.
Ils s’établissent d’abord non loin de leur plage de débarquement, qui devient le « Quartier Français » puis décident de passer la montagne, s’abrient quelque temps dans cette caverne de Saint-Paul que les touristes connaissent bien, et nous les trouvons enfin à Savannah, séduits par le climat des premières pentes littorales. »
(14)
Ou encore celle-là :
« Nos mutins, pendant leur détention (1646-1649), résidèrent entre la Rivière Sainte-Suzanne et la Rivière Saint-Jean, premier lieu de l’île qui ait été habité. Pour attirer l’attention des navires, qui, normalement, à cause des vents dominants, abordaient l’île par l’Est, ils auraient placé un mât garni d’un pavillon sur les pentes d’une rivière encaissée qui prit le nom de “Rivière du Mast”. Délivrés le 15 août 1649, ils appelèrent “Habitation de l’Assomption”, l’endroit où ils avaient vécu, à Sainte-Suzanne ».(15)
Or, sur aucun document d’archives on ne trouve d’informations sur ce point. Tout au plus sait-on de cette affaire qu’en octobre 1646,
«Le sieur Pronis s’en retourna ainsi au Fort Dauphin, avec tous ses soldats, où étant arrivé, en fit arrêter douze des principaux , [ligueurs] auxquels il fit raser barbe et cheveux et fit faire amende honorable nus en chemise, la torche au poing et les envoya dans le navire, où on leur mit les fers aux pieds, pour les dégrader en l’isle de Mascareigne, après leur avoir fait faire leur procès (…) Le capitaine Le Bourg ne voulut point se charger d’eux, ni les mener en France, d’autant qu’il disait qu’il en serait trop embarrassé, la traversée étant trop longue. Ainsi, il fut délibéré de les envoyer à Mascareigne… »(16)
Mais, entre les événements d’octobre et le transfert des ligueurs à Mascareigne, il se passa beaucoup d’événements. Flacourt nous apprend au chapitre IX du livre II que Le Bourg
« fit partir la barque neuve pour l’isle Mascareigne et lui s’en vint au Fort-Dauphin et partit pour France… » et au chapitre X « …environ le mois de février [1647] la barque qui avait porté à Mascareigne les douze ligueurs, après avoir fait sa charge à Ghalenvoulou, fit naufrage chargée de riz blanc,au Port aux Prunes… »,
Ce qui situe au mois de janvier 1647 l’arrivée des ligueurs à Mascareigne. Quant à leur retour, sa date est connue puisque c’est le 7 septembre 1649 que «… la barque arriva qui amena douze Français qu’elle avait trouvés à Mascareigne bien sains et gaillards. »
En aucun cas ces dates ne correspondent à une quelconque fête de Saint-Jean.
De même, on est sûr que l’habitation de l’Assomption n’existait pas lorsque fut dessinée la carte Bourbon dessinée. Et Le Bourg, deux mois après le rapatriement des ligueurs à Fort Dauphin nous donne, dans le texte de la prise de possession de Bourbon, la preuve que les exilés avaient bien résidé à Saint Paul : 
« Nous, Roger Le Bourg, capitaine du navire nommé le Saint Laurent (…) et les soussignés tous officiers du dit navire que commis des dits seigneurs, nous sommes assemblés ce jourd’hui en l’habitation de Saint Paul en la présente Isle dite anciennement Mascareigne…» (17)
L’inexistence des toponymes Habitation de l’Assomption et Quartier Français dans la période allant de 1646 à 1649, est le dernier élément permettant de démystifier une construction s’appuyant sur l’anachronisme et la substitution du fantasme aux documents d’archives.Et l'on peut dire que les ligueurs ne sont pas arrivés en 1646 mais en 1647 qu’ils ont été déposés à Saint Paul et y ont habité pendant les deux ans et sept mois de leur séjour.
De façon plus générale, c’est une démonstration de la nécessité pour les historiens de resituer les toponymes dans le contexte humain approprié et trouver à leur choix une explication historique.

Roger Théodora, 20 janvier 2009. ....... © - copyright lansiv-kreol.net 2007-2009

____________________________

Notes:
1- Eve Prosper Un quartier du `Bon Pays' : Sainte-Suzanne de 1646 à nos jours, Mairie de Sainte-Suzanne & Université de la Réunion ; Océan Editions, Saint-André , 1996, 321 p
2 - En réalité il s’agit de la carte « Bourbon –dessinée » dont nous parlerons plus loin.
3 - C’est le cas de la carte de Manesson-Mallet qu’on peut voir à la page 154 du tome 1 du Mémorial.
4 - Lougnon Albert voyages anciens à l’île Bourbon
5 - Dans Candide et l’ancien puits, j’ai dit, sur la foi d’une photo de mauvaise qualité, que sur la carte Bourbon-éditée l’orthographe était islot alors qu’il s’agissait d’islet. Il s’en est suivi une erreur d’analyse que la présente étude rectifie.
6 - Suivant Allibert, dans Étienne de FLACOURT, Histoire de la Grande Isle Madagascar, INALCO-Karthala, page 48, « Flacourt lui-même dit avoir eu recours à des cartes étrangères » pour l’établissement de sa carte de Madagascar qui « par sa forme même n’est donc qu’une copie médiocre d’une carte vieille d’une centaine d’années…». La modernité de la carte de Bourbon disqualifie donc l’hypothèse suivant laquelle Flacourt en aurait été l’auteur.
7 - Extrait du récit de François Cauche dans Lougnon, Voyages anciens à l’île Bourbon, 1970, pages 24, 25..
8 - «Un mois après [l’arrivée des exilés], j’ai renvoyé le navire à Saincte-Marie et l’ai obligé de passer à Mascareigne pour en prendre possession au nom de sa Majesté très Chrétienne, et lui ai imposé le nom de l’Isle de Bourbon, ne pouvant trouver de nom qui pût mieux cadrer à sa bonté et fertilité, et qui lui appartînt mieux que celui-là. » Flacourt, livre II Chap.XXVIII
9 - Voir sur ce point de la compétence des commandants des marines marchandes de l’époque en question dans Candide et l’ancien puits, page 245
10 - St Jean le Miséricordieux, Archevêque d'Alexandrie fêté le 12 novembre par les catholiques romains et les catholiques orthodoxes
11 - Extrait du récit de Jacques Ruelle dans Lougnon, Voyages anciens à l’île Bourbon, édition1970, p. 56, 57.
12 - Voir les passages du récit de Guillaume Houssaye in Lougnon, Voyages anciens…1970, pages 162 et 166.
13 - Le Saint Louis avait coulé deux ans plus tôt, à Matatanes
14 - LEGUEN Marcel, Histoire de l’Ile de La Réunion, l’Harmattan, 1979, pages 19, 20.
15 - BARASSIN Jean, De quelques noms de lieu : histoire et légende, in Cercle généalogique de Bourbon, N° 37, octobre 1992, pages 1043 à 1047.
16 - Étienne de FLACOURT, Histoire de la Grande Isle Madagascar, INALCO-Karthala, page 272,
17 - Étienne de FLACOURT, Histoire de la Grande Isle Madagascar, INALCO-Karthala, planche hors texte 14, fac simile du procès verbal de la prise de possession.

 
   
 
Les historiens n'ont peut-être pas accordé aux cartes anciennes l'importance qu'elles méritaient. La connaissance de l'histoire de Bourbon en a inévitablement subi les conséquences.
 
           
 
 

 

 
 

 

 
promyé paz
page d'accueil
first page