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1- Courrier des lecteurs de Témoignages du 6 février 2004: "Y a-t-il un scandale des archives départementales ?" lire

2 - Lettre du 23 février 2004 du Directeur Général des Services du Conseil général lire

3 - Etat de la presse locale de 1933 à 1976 entreposée aux Archives Départementales lire

4 - Lettre adressée à Madame la Présidente du Conseil Général le 10 avril 2011et restée sans réponse lire

Sauvons le patrimoine archivistique de la Réunion!
documents annexes

Courrier des lecteursde Témoignages du 6 février 2004
Y a-t-il un scandale des archives départementales ?
Cela fera 11 mois que par suite de contaminations des salles de conservation des documents par les moisissures, le nouveau bâtiment des Archives départementales (qui a coûté la bagatelle de 71 millions de francs !) Est fermé au public.
Est-il vrai que cette fermeture durerait jusqu'en 2005 au moins ?
Est-il vrai que, comme le laissent entendre les informations mises en ligne le 24 novembre 2003, «le département, patron de l'établissement, n'a trouvé aucune solution puisqu'à l'heure actuelle, l'oxyde d’éthylène destiné à traiter les documents contaminés ne se trouve pas dans l'île, qu'il est dangereux à manipuler, coûteux et nécessite un transport délicat et qu'aucune société locale ne peut d'ailleurs s'en charger »... ?
Est-il vrai qu’une humidité plus qu'anormale s'est révélée dans le bâtiment neuf, alors que l'ancien n'avait jamais été concerné par le phénomène ? Pourtant ce dernier avait subi des saisons de pluie aussi importantes, telle celle qui fut marquée par le cyclone Hyacinthe. Est-il vrai qu'il existe, en amont des problèmes actuels, des paramètres structurels à l'origine de cette « pollution » ?
Est-il vrai que les travaux nécessaires coûteront 9 millions de francs ?
Une fois l'émotion des premières semaines apaisée, par un effet d'annonce du Conseil général dont dépend la structure, avec « intention d'entamer une action en justice pour connaître les responsables de cette affaire » (voir article du JIR du 14 mars 2003), un lourd silence - pour ne pas dire une chape de plomb - a étouffé toute rumeur.
Personne ne semble plus s’insurger « ouvertement » contre ce désagrément. Ni les étudiants, ni leurs directeurs de recherche, ni les historiens travaillant pour des communes où s'investissant dans les travaux concernant l'île, ni les communes, ni les généalogistes, ni les associations de défense du patrimoine ne semblent plus s’émouvoir de cette anomalie ni éprouver le besoin d'alerter l'opinion.
Pourtant, il y a de quoi être inquiet. En effet, s'il faut deux, voire trois ans pour traiter l'ensemble des documents, ne sont-ils pas - et pas seulement les plus fragiles - en grande partie menacés de détérioration irrémédiable? Et le déplacement de documents de Champfleury à la rue de la Victoire ne risque-t-il pas d'être préjudiciable à leur bonne conservation.
Le conseil général met-il en œuvre tous les moyens qui s'imposent en pareille circonstance.
Mais ces questions « en aval » ne sauraient occulter d'autres interrogations - encore plus préoccupantes - qui se posent « en amont ». Si l'humidité a été à l'origine de l'envahissement des archives par les moisissures, cela ne voudrait-il pas dire que - contrairement à ce qui a été dit à la presse - ce ne seraient pas « des défaillances du dispositif d'aération qui aurait entraîné une surchauffe » ? Car dans ce cas, l’anomalie eût été immédiatement signalée aux services de maintenance.
Or la contamination de salles entières laisse déduire que le phénomène n'a pas été repéré sur un incident ponctuel et limité à une partie du bâtiment, mais sur les conséquences d'une action insidieuse concernant tout l'édifice. La cause n'en serait-elle pas une inadéquation entre la norme garantissant l'efficacité du dispositif et des paramètres imposés par la réalisation de l'ouvrage ?
Tout le monde peut constater par exemple que le sous-sol du bâtiment était à un niveau inférieur au chenal aménagé à quelques dizaines de mètres de la tour la Ravine du Butor. Or, en période pluvieuse, seules les eaux des crues sont évacuées par ce chenal. Les autres infiltrations se répandent dans tout le cône de déjection, donc autour des fondations et du sous-sol du bâtiment.
De plus, lors de l'acquisition du terrain, l'expérience Hyacinthe avait montré que ce bâtiment se trouverait en zone inondable. Ce qui lui ferait courir un risque encore plus grand en cas de crue exceptionnelle des rivières du Butor et des Deux Canons ou de rupture des digues en amont.
Questions :
Dans quelles conditions s’est négocié l'achat du terrain ?
Combien a-t-il été payé ?
Quelle était sa destination première ?
Quels ont été les conclusions des études aboutissant à la décision d'implantation du bâtiment des archives à cet endroit ?
Quelles conditions d’étanchéification ont été inscrites dans le cahier des charges, compte tenu de l'environnement ?
Qui en a été l'architecte ?
Qui a suivi les travaux ?
Qui a délivré le certificat de conformité ?
Quelles commissions d'élus ont suivi les différentes opérations ?
Le Conseil général a-t-il, comme il l'avait envisagé, entamé son action en justice ?
Quelles suites ont été données à cette initiative ?
Ce sont là des questions auxquels les Réunionnais souhaiteraient rapidement voir les autorités concernées apporter des réponses. Elles concernent le respect et la préservation de leur passé et de leur identité. Nous ne doutons pas que ces questions seront relayées par des journalistes de la presse quotidienne locale.
Roger Théodora .........................................................................................................Retourner au dossier

Courrier du DGS du Conseil général

République Française
Saint-Denis, le 25 FEVRIER 2004
Le Directeur Général des Services
Monsieur Roger THEODORA
25 Ruelle Bois Noir
Petit Tampon
Objet: Fermeture des Archives départementales.
Réf. : Votre courrier paru dans Témoignages du 6 février 2004

Monsieur,
J’ai pris connaissance de votre courrier intitulé « Y a-t-il un scandale des Archives départementales? » paru dans l’édition de Témoignages du 6 février, dans lequel, après avoir avancé quelques hypothèses supposées expliquer les causes de la fermeture du bâtiment des Archives, vous énumérez une dizaine de questions auxquelles « les Réunionnais souhaiteraient obtenir rapidement des réponses ».
Dans l’attente d’une nouvelle communication qui sera sans tarder adressée via la presse locale au grand public, je crois utile de devoir porter dès à présent à votre connaissance les informations suivantes.
Concernant la détection du sinistre en 2003, les mesures d’urgence par le Département, l’accueil et l’information du public:
1) La présence de moisissures dans divers espaces des Archives départementales a été relevée fin janvier. A la suite des premières expertises diligentées par le Département et réalisées sur place, la fermeture du service au public, le redéploiement du personnel et une surveillance renforcée du bâtiment sont décidés par mesure de précaution dès le 13 février 2003.
C’est sans doute grâce à cette détection précoce du problème que nous avons évité tout problème sérieux de santé pour les personnes et la perte du moindre des documents précieux dont nous avons la charge; aucune menace ne pèse aujourd’hui sur eux du fait des mesures prises à l’époque et d’une surveillance particulière du bâtiment et des collections mises en oeuvre dans ce type de sinistre par les archivistes du Département.
2) Notre deuxième préoccupation a concerné l’accueil du public pour la consultation. Soucieux d’offrir aux étudiants les moyens de la recherche nécessaires à leur cursus, nous avons pris soin de mettre en place, en accord avec le Président de l’Université, toute une organisation logistique et humaine — garante de la santé des agents et des usagers autant que de la protection des documents - et nous pouvons accueillir depuis le 11 avril 2003 les étudiants, les chercheurs, et de façon plus limitée les associations, les écrivains, dans la salle de lecture provisoire de la Victoire. Cette organisation nous permet par ailleurs de répondre aux sollicitations de communes et autres administrations ou organismes formulant des demandes de communication urgentes. Aussi il me semble que c’est davantage le bon niveau d’écoute réservé à ces usagers que le désintérêt que vous semblez leur prêter pour la question du patrimoine qui explique qu’ils « ne s’insurgent » pas contre le désagrément qui leur serait causé par notre incurie supposée.
3) La troisième mesure prise par le Département a été, je vous le confirme, de déposer le 5 juin 2003, une requête aux fins d’expertise auprès du tribunal administratif de Saint-Denis. Le TA a désigné un 1er expert judiciaire le 26 juin ,et à la suite du désistement de ce dernier, un 2eme expert basé à Paris a été désigné le 5 septembre. Une première réunion contradictoire sur place a été organisée par ses soins le 23 octobre, la seconde est programmée pour la mi-mars 2004; l’expert devrait rendre son rapport en fin de 1er semestre 2004.
4) Enfin , sur la question plus générale de l’information du grand public de cette affaire, je ne puis mieux faire, au risque d’être long, que vous rappeler dans le document joint la liste des communiqués et entretiens parus dans la presse locale, écrite et audiovisuelle. En fait de « chape de plomb », nous avons veillé, à chaque fois que cela nous a paru nécessaire de diffuser des informations tangibles et utiles.

Concernant l’origine du sinistre et les mesures à prendre en vue de la réouverture du bâtiment
5) Dans l’attente des conclusions du rapport d’expertise judiciaire, les deux rapports d’expertise — sur l’évaluation des conditions de conservation d’une part et sur l’expertise technique du système de climatisation d’autre part - commandés par le Département, auxquels s’ajoute celui demandé au Muséum national d’histoire naturelle de Paris (concernant spécifiquement la qualification des moisissures relevés), confirment que les problèmes de moisissures survenus en février 2003 dans certains espaces des archives départementales proviennent très probablement d’un taux d’humidité anormal lui-même consécutif à un dysfonctionnement du système de climatisation.
Dans la mesure où ce bâtiment a été conçu pour accueillir, conserver et valoriser une part majeure de la mémoire de La Réunion dans les meilleures conditions possibles, il est incontestable que nous n’aurions pas du avoir à déplorer ce type d’incidents un an après son ouverture.
Néanmoins, j’ajoute qu’on ne saurait déduire de l’absence de signalement d’incident de ce type dans l’ancien bâtiment du Chaudron, le fait qu’il n’y a jamais eu de problème du même ordre: le regard sur ce type de sinistre s’est modifié dans la seconde moitié du xxème siècle en faveur d’une meilleure prise en compte de celui-ci (d’où des mesures qui semblent plus visibles que par le passé: isolation des documents, prise en compte de la santé des documents et des personnes, etc). Cette évolution ne concerne d’ailleurs pas que les politiques de conservation françaises.
6) Vous faîtes pour votre part l’hypothèse d’une infiltration d’humidité par le sous-sol. Ce type d’incident n’a pas été relevé jusqu’à présent à Champ-Fleuri (même après le cyclone Dina), mais nous y demeurons attentifs. Les contraintes du terrain et de la proximité du canal Auguste ont été prises en compte dans la construction du bâtiment: pompes de relevage en sous-sol, fondations spéciales et magasins de conservation ne commençant qu’à partir du 3eme étage du bâtiment.
A vos autres questions sur l’origine de l’ensemble du bien immobilier, je vous informe que le bâtiment des Archives départementales est construit sur un terrain acquis en 1990 par le Département auprès de l’Etat. Après réalisation d’un ouvrage de protection contre les crues de la ravine du Butor entre 1976 et 1980, l’Etat avait en effet procédé au déclassement des terrains exondés et proposé au Département de les acquérir. L’ensemble des terrains représentait 21 200m2 (dont 5 931 m2 affectés aux Archives), a été acquis par notre collectivité pour le prix de 286 200 F.
La décision de construire un nouveau bâtiment pour les Archives départementales a été prise en juillet 1990 et l’architecte retenu après concours fut M. BOCQUEE. L’ensemble du projet a été en toute logique suivi par les commissions d’élus chargées des travaux publics, de la culture et des finances; il a reçu avant le lancement des travaux l’approbation de la Direction des Archives de France.
Concernant le coût des travaux et la date de réouverture du bâtiment
7) La date de réouverture du bâtiment au public ne peut pas à ce jour définitivement être fixée car même si les services du Département ont pu arrêter un calendrier prévisionnel des travaux et autres mesures à prendre, toutes ces propositions sont tributaires de deux types d’autorisation
- d’une part, celle expresse de l’expert judiciaire; vous comprendrez qu’étant à l’origine de la procédure contentieuse, nous nous garderons de prendre toute initiative susceptible de nuire aux intérêts de notre cause.
- d’autre part, nous devons faire valider nos propositions par la Direction des Archives de France dont vous savez sans doute qu’elle exerce le contrôle scientifique de tous les services d’archives départementales de France.
8) Concernant en particulier les mesures à prendre pour traiter les documents, notre réflexion a évidemment avancé depuis l’article de presse de novembre 2003 auquel vous vous référez. Il se confirme qu’un traitement à l’oxyde d’éthylène en autoclave est peu praticable en raison des difficultés d’utilisation et de transport de ce gaz toxique et explosif (notamment en raison de l’actualité internationale récente), mais aussi de l’évolution de la législation internationale depuis 20 ans (convention de Rotterdam visant la réduction de l’emploi des gaz à effet de serre). Des solutions moins radicales de nettoyage des documents et des locaux seront proposées à la Direction des Archives de France afin de sortir de la situation actuelle dans les meilleurs délais possibles.
Quant au chiffrage de ces interventions, il ne pourra être définitivement fixé qu’après les deux avis visés ci-dessus; je ne connais pas l’origine de l’estimation que vous avancez.
Tels sont les différents points qu’il m’importait vraiment de préciser et dont j’espère qu’ils vous permettront de comprendre notre démarche. Nous nous attachons à régler avec toute la rigueur et le sérieux qui s’imposent les problèmes survenus et nous sommes disposés à engager les moyens nécessaires pour les corriger et pour prévenir au mieux les risques potentiels pour les personnes et pour les biens. Cette méthode implique le respect de la procédure judiciaire en cours et une certaine maîtrise dans la communication faite autour de cet incident.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
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Lettre adressée à Madame la Présidente du Conseil Général le 10 avril 2011 et restée sans réponse

Tampon le 12 avril 2011

Roger THEODORA,
97430, Le Tampon,

A

Madame la Présidente
Du Conseil Général de La Réunion,
Palais de la Source,
Rue de la Source.
97400 Saint Denis.

Objet : situation préoccupante des Archives Départementales de La Réunion.
Réf : mes courriers du 23 novembre 2010 et du 10 janvier 2011.

Madame la Présidente,
Dans un courrier daté du 23 novembre 2010 que je vous ai adressé le 24 novembre en recommandé avec accusé de réception, j’ai formulé le vœu de vous rencontrer pour vous faire part de mes inquiétudes sur l’anormalité de plus en plus marquée et conséquente de la réalité des Archives Départementales de la Réunion.
Après avoir attendu en vain pendant plus d'un mois, je vous ai adressé, le 10 janvier 2011, un deuxième courrier en recommandé avec accusé de réception. Je n'ai, là encore, obtenu aucune réponse.
Considérant que la période précédant les élections cantonales était peu propice à un respect scrupuleux de votre agenda de rendez-vous, je n'ai pas insisté pendant les mois de février et mars, d'autant que je craignais de voir mon insistance interprétée comme de l'agitation électoraliste.
Mais à présent que la situation est redevenue normale, j'ai l'honneur de solliciter une troisième fois de votre autorité un rendez-vous afin de vous exposer dans le détail les questions qui m'ont interpellé et qui, si l'on se réfère à l'ordonnance n° 2004 - 178 du 20 février 2004 livre II, chapitre 2, section 1, sous-section 2, article L212-6, engagent la responsabilité du Conseil Général.

Dans l’attente d’une réponse positive à ma requête, je vous prie d’agréer, Madame la Présidente, l’assurance de mes sentiments les plus distingués.

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«Élément souvent méconnu du patrimoine national, le patrimoine archivistique, essentiel pour écrire l'histoire et fonder l'identité de la Nation, est, nous le savons bien, le plus fragile et le plus menacé.» Gérard Ermisse chef de l'inspection générale des archives de France
 
       
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