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La façon dont a été traité le site archéologique révélé par la houle cyclonique de Gamède illustre parfaitement cette situation de l'archéologie à la Réunion que je stigmatisais depuis bientôt deux ans déjà. Un récapitulatif des événements et actions entraînées par ces événements montre les faiblesses institutionnelles et leurs conséquences. Et peut-on encore parler de l'existence d'un souci pour l'archéologie à la Direction Régionale des Affaires Culturelles ?

A/ RAPPEL DE LA GESTION DE L’OPERATION
Une comparaison de ce qui s'est produit en 1983 lors de la découverte d’un ossuaire sur le front de mer de Saint Pierre et les tribulations qu’a déclenchées en 2007 la mise à jour des ossements à Saint Paul sont là pour en attester
I – Découverte de 1983
« Le jeudi 29 septembre 1983, le commissaire de police alerté par le chef de chantier entrait en contact avec la D.R.A.C. qui le répercutait sur la Responsable de l'Antenne archéologique qui est le Conservateur des Musées départementaux.
Le même jour, M. l'Archiviste municipal joignait la Responsable pour l’aviser de l'autorisation verbale de M. le maire de Saint-Pierre et lui demander de lui apporter le plan de 1740.
La Responsable ne put se rendre à Saint-Pierre qu’en fin d'après-midi après des recherches largement infructueuses aux Archives départementales (…)
Arrivée sur le chantier vers 17 h, la Responsable dut constater que le bulldozer avait ouvert une tranchée de 16,90 m de long sur 1,90 m de large sur 3,20 m de profondeur (…)
Le vendredi 30 août, la Responsable revenait sur le site pour y travailler 14 à 18 heures. Elle y trouva trois bénévoles qu'elle affecta, chacun, à une sépulture distincte, armé d'un pinceau, et après un bref exposé sur la méthode et les buts du décapage. .. »
(1)
Cette intervention se caractérise par sa rapidité et la bonne coordination entre les services concernés (mairie, préfecture, antenne…). Mais elle a pâti de l’absence de moyens financiers de l’antenne archéologique et de l’absence de coopération de la DRAC.

II- Découverte de 2007 : le contexte et les conditions d' intervention
1– La méconnaissance des procédures à suivre en cas de découverte a été préjudiciable à l'efficacité de la protection du site : un temps trop long entre la découverte et l'intervention a favorisé le pillage du site et l’effacement des traces.
Le vendredi 2 mars 2007, est signalée à Saint-Paul la présence d’ossements mis à jour par la houle cyclonique. Le samedi 3, le Maire se rend sur les lieux. L’événement est médiatisé. Le dimanche 4, Le Quotidien signale que le site est resté sans surveillance et que des curieux y sont venus le week-end en nombre.

2 – la cause essentielle de cette situation réside dans l’absence de structure compétente appropriée à l'intervention rapide et performante.
Il semble qu’il y ait eu à cette occasion des dégradations, voire des prélèvements d'objets au point que le journaliste du Quotidien, annonçant que la DRAC attendait le mardi 6 ou le mercredi 7 afin de savoir comment ces restes seraient traités, conclut son article par cette phrase :
« mais si cela continue, elle n'aura bientôt plus grand chose à étudier. »

3 – un cafouillage résultant d’une antinomie entre une initiative judicieuse mais extérieure au cadre prévu et une administration formaliste mais sans moyens.
Le GRAHTER, au courant, a fait dès le dimanche des propositions de plan de sauvetage. Le 6, on semble s'acheminer vers une intervention de l'INRAP par le biais d'un projet de convention entre la Maison de Civilisations et cet organisme. Mais ce montage ne s’inscrit pas dans la réglementation et met en exergue le fossé existant entre les moyens de la MCUR et ceux de la DRAC.

4 - options restrictives d'intervention de spécialistes dictée par une absence de crédits spécifiques.
Il est donc boudé par cette dernière qui, semble-t-il, ne disposant d'aucun crédit pour l'opération, s’adresse, sous la pression médiatique, au Ministère et obtient la mise en place d’une mission confiée à un archéologue funéraire de la Région PACA. Mais entre-temps la détérioration du lieu s'est poursuivie (2)

5– une intervention limitée dans le temps
Ce n'est que le 13 mars que l'intervention de l'archéologue débute.
« Cette mission se déroula du 12 au 16 mars 2008 (…) le temps ouvert consacré à chaque ensemble osseux ou sépulture ne dépassa jamais une demi-joumée et fut réduit à deux heures lors du dernier jour d’intervention. Ces conditions ont de fait limité la nature des observations réalisées sur le terrain [ souligné par nous] et empêché pratiquement tout dégagement extensif. » (3)

6 - une mission victime du formalisme administratif et de l’improvisation.
Devant l'intérêt de la population pour la question la décision de l’autorité compétente a donné la fâcheuse impression d’avoir été le fruit d'une réaction destinée à donner le change et à mettre un terme à la curiosité et à l'intérêt de la population pour son passé.

B / ANALYSE DU "RAPPORT DE FOUILLE DE SAUVETAGE ET D'EVALUATION DE MARS 2007" PRESENTANT LES CONCLUSIONS DE L'ARCHEOLOGUE A L'ISSUE DE LA MISSION QUI LUI A ETE CONFIEE PAR LA D.R.A.C.

1 – Premiers enseignements de l’intervention
À la lecture du rapport, on mesure, dès le début, les difficultés liées aux conditions de l’intervention. L’archéologue explique :
« Au moment de notre intervention, les vestiges humains visibles une semaine auparavant avaient totalement disparu[souligné par nous] sous l’effondrement de la coupe de sable, emportant avec elle un important volume de matériaux de construction liés à une promenade. » page 4 du rapport
« Il faut également signaler l’absence de tout accessoire vestimentaire (boutons, boucles, ferrets,...). Cette information est à notre avis très délicate à exploiter sur un nombre si restreint d’observations dont la qualité n’est pas toujours très satisfaisante (le sédiment n’a pas été tamisé et les décapages archéologiques ont été hâtifs) » [souligné par nous] page 8
De là à dire que l'intervention s'est effectuée a minima, il n'y a qu'un pas que les informations complémentaires fournies par l'archéologue incitent à franchir.
a- Les défunts furent-ils inhumés nus dans des linceuls ?
« les arguments taphonomiques font défaut pour en démontrer l’existence. »

b- À quel type de population appartenaient les défunts? 
Faute d'analyse bio-anthropologique poussée, impossible d'obtenir de l'archéologue, à partir de la morphologie crânienne, plus que de :
« rapprocher les sujets exhumés des populations africaines. »

c- Quelle était l’importance du cimetière ?
Pour juger de son importance on est parti d'une approximation : selon le rapport, l’aire d'inhumation se serait étendue [souligné par nous] plus au sud en direction du cimetière marin. Mais, dit le rapport,
« …Ce que nous n’avons pu vérifier »
Sur quelle superficie?
« Environ 400m2 » Il n'en existe aucun indice.
Combien d’inhumations y aurait-il eu ?
« Elle compterait pas moins d’une centaine d'individus »
Mais ce chiffre, obtenu à partir d'une application théorique de la densité des inhumations constatées sur l’aire d’intervention à l’aire présumée du cimetière, relève plus de l’exercice de style que de l’avis technique responsable.

d- Existait-il d’autres éléments d’appréciation ?

- La spire métallique adhérant à l'écaille temporale de la sépulture S1 aurait pu apporter à l'analyse des renseignements complémentaires. Mais aucune analyse n’ayant été faite, l’intervenant avoue :
« Recouvert d’une pellicule blanchâtre d’aspect carbonaté, il était peut-être [souligné par nous] assemblé avec un autre matériau dont nous ignorons la forme et la composition
- Les clous auraient pu révéler à l'analyse des éléments d'information appréciables.
« Mais les méthodes d’investigation mises en oeuvre n’ont pas permis [souligné par nous] de localiser avec certitude les clous assujettissant les parois et le couvercle. »
- Devant leur longueur et leur diamètre la seule hypothèse formulée concerne l'éventuelle épaisseur des planches du cercueil.
« C’est également l’impression que donne le format des clous où les pièces de 6 cm de longueur pour 8 mm environ de diamètre sont courantes, laissant supposer que l’épaisseur des planches mises en oeuvre atteignait ou dépassait deux centimètres, un clouage sur le chant d’une planche de moindre épaisseur étant très délicat avec de telles sections. » (4)

2 - LES CONCLUSIONS DU SPECIALISTE A L’EPREUVE D’UNE RELECTURE DE SON RAPPORT

1 – une datation des plus approximatives
Dans « Candide et l’ancien puits » (5), je tirais de l’intervention archéologique de 1983 à Saint-Pierre la leçon que sans la collaboration d’historiens compétents et motivés, l’archéologie est inféconde. L’intervention de 2007 ne remet pas en cause cette appréciation mais elle la nuance. Car si la compétence et la motivation des historiens présents aux côtés de l’archéologue sont au rendez-vous, il manque ce qui fait le sel de la recherche : la capacité, face à une situation originale, de ne pas se laisser piéger par des simplifications hâtives et de remettre les a priori à leur juste place.
Or les hypothèses (cimetière ethnique, lieu de relégation ou encore cimetière lié à une épidémie) formulées par les historiens autorisés ont focalisé une part importante de l’attention de l’archéologue sur l’enjeu de la datation.
« Au moment de la découverte, l’origine et la raison d’être de ces restes anthropologiques ont fait débat... »
Certes il reste prudent dans ses conclusions,
« … La courte intervention archéologique que nous avons réalisée n’apporte pas, loin s’en faut, réponse à toutes les questions qui,. pour beaucoup, embrassent des domaines de l’histoire échappant aux méthodes d’investigations archéologiques. » page 12
Mais médiatisées dès le début de l’intervention, les hypothèses l’ont obligé à souscrire à cette préoccupation de leurs auteurs comme le montre la place primordiale qu’il accorde à la datation dans son rapport.
Position délicate, car aucun élément du document ne conduit à donner comme définitive la datation du lieu de sépulture. Et il le reconnaît même à l'occasion, particulièrement à la page 11 :
« Quant à la date de création de cette aire sépulcrale, il parait difficile de la faire remonter avant l’extrême fin du XVIIe siècle ou, plus vraisemblablement, la première moitié du XVIIIe siècle, période de densification du peuplement du littoral.
Enfin, le décalage constaté dans l’implantation des deux cimetières successifs ainsi que l’apport d’une couche de sable venant sceller le premier introduisent une rupture physique entre ces deux ensembles sépulcraux. Celle-ci ne signifie pas pour autant que la mémoire du lieu était perdue au moment de la création de l’enclos du Cimetière Marin, elle signale simplement une interruption dans son utilisation dont nous ne pouvons malheureusement pas estimer la durée. »
[passages soulignés par nous]
On le voit donc, c’est une estimation couvrant pratiquement cent ans et limitée en aval par la date de création du second lieu de sépulture - le Cimetière marin - et en amont, par une déduction, la «période de densification du peuplement du littoral » correspondant à l’introduction du café à Bourbon, justifiée par la démonstration discutable de l’importance du cimetière dont il a été question plus haut.
Ce qui donne une conclusion surprenante :
« Cette courte intervention a révélé un cimetière dont l’utilisation couvre tout ou partie du XVIII’ siècle. (…) il paraît assuré maintenant que les squelettes découverts correspondent soit à un cimetière ayant précédé, de peu sans doute, l’actuel Cimetière Marin, soit à un premier état de celui-ci au cours de la seconde moitié du XVIII’ siècle. »

2 - Une exploitation subjective et restrictive de la littérature disponible.
Pris au jeu de leurs hypothèses respectives, les historiens eurent recours à la littérature existante, non pas pour décrypter les éléments mis à leur disposition à mesure qu’avançaient les découvertes de l’archéologue, mais pour justifier leurs propres présupposés. Cette dérive se manifesta particulièrement au moment crucial de la découverte des clous.
Très vite, les hypothèses de cimetière ethnique, lieu de relégation ou encore cimetière lié à une épidémie ne semblant plus tenir la route, le doute ne subsistait alors que sur les observations que j’avais livrées à la presse sur la question (6). Et en les confrontant après coup aux parties du rapport s’appuyant sur des éléments de topographie historique, on peut se rendre compte qu’elles furent confortées par l’intervention jusqu’à la découverte des clous qui remit en cause mon hypothèse d’un lieu de sépulture antérieur à l’installation définitive des hommes dans l’île.
En revoyant les enregistrements des passages que les médias consacrèrent au sujet, on comprend, aux commentaires de l’événement que fit un universitaire, que la curiosité des historiens avait trouvé là son compte. L’hypothèse iconoclaste disqualifiée, la voie à des explications « raisonnables » était tracée. Elles ont abouti inévitablement aux conclusions rédigées par l’archéologue.

a - une lecture curieusement sélective des écrits mis à disposition
Les historiens s’appuyant sur les témoignages archivés, on eut recours au livre de Prosper Ève sur les cimetières de la Réunion. Pourquoi n’ont-ils pas pris en considération ce que, s’appuyant sur les travaux de Barassin, cet auteur dit à la page 12 :
« G. Camenhen, curé du 12 mars 1687 au 14 septembre 1690 à Saint-Paul, s’est employé à les clore, à établir des cimetières canoniques et à séparer les sépultures des petits de celles des grands.
« Ce curé mentionne qu’en 1687,
“il n’y a pas encore de cimetières pour les petits, distingués des grands selon les rubriques; non plus que pour les grands qui fût ni ceint, ni entouré, ni distingué des autres lieux profanes, comme nous en avons fait faire depuis” »

Ce témoignage met en effet en évidence qu’au moins jusqu’en 1689, les inhumations se firent de façon désordonnée et qu’en tout cas rien ne prouve qu’il n’existait à Saint Paul qu’un lieu consacré aux inhumations.
L’administration religieuse, quant à elle, resta instable jusqu’en 1712, où avec la mission lazariste l’île fut pourvue d’un clergé capable d’implanter des pratiques stables. Le fait est encore signalé par Prosper Eve :
« le 9 janvier 1715, Geneviève, petite négresse de cinq ans, par exemple, est enterrée à Saint-Paul, dans le cimetière destiné à la sépulture des enfants »
On peut donc considérer que 1715 est un repère pour dater le cimetière découvert en 2007. Il n’avait pu, au moins cette année-là s’inscrire dans le cadre des pratiques en vigueur puisque
« On a également relevé en cours de fouille, dans la réduction S2/S3, la présence d’une vertèbre d’immature, d’âge probablement compris entre 5 et 10 ans, seul vestige à notre connaissance attestant la présence d’inhumations d’enfants à proximité. » Rapport page 9
Dès lors, la question de savoir si les inhumations avaient été antérieures ou postérieures à cette date aurait permis d’être plus attentif aux détails mis en évidence par l’archéologue.

b - un rapport de fouilles non consulté
Encore une fois, la littérature existait pour permettre aux historiens de contribuer à la réflexion sur la découverte. Ils disposaient, pour cela du rapport de fouilles établi à l’occasion de la découverte de 1988 à Saint Pierre. La description de l’état du cercueil de l’enfant inhumé avant 1732 était une référence :
« …Des traces brunâtres de linceul replié au-dessus et au-dessous des restes sus-décrits et dont aucune fibre ne subsistait. Un cercueil réduit à 4 mm d'épaisseur mesurant 1,07 m de long (partie NO et 13 cm (partie SE), en bois noir oxydé, spongieux et gorgé d'humidité, de 20 cm de haut. Des ferrures en fer forgé très dégradé suggéraient une poignée au centre et 3 clous d'assemblage à chaque bout. » Rapport Greffet Kendig, 1988, feuillet 5, Inhumation 7 (extrait)
L’absence à Saint Paul de vestiges de bois de cercueils repérables sans moyens d’investigation techniques performants, dans un sol moins favorable que celui de Saint-Pierre au pourrissement des matières organiques, constituait un deuxième indice permettant de considérer que les inhumations avaient été bien antérieures à 1732 et peut-être 1715.

3 - Une méconnaissance des traditions funéraires de Madagascar.
A -Commentaires orientés
L’analyse des sépultures est la partie la plus intéressante du rapport : l’archéologue y fait la description minutieuse des sépultures, l'orientation des corps, leur position. Malheureusement elle n’a pas été exploitée à son juste niveau. Il apparaît que l'intéressé a orienté ses conclusions en fonction de ses propres repères :
« Les pratiques funéraires observées lors de cette fouille ne se singularisent pas particulièrement de celles de l’Europe continentale à même époque: ensevelissement des corps dans des cercueils, défunts allongés sur le dos, la tête à l’ouest. » page 12
Il faut donc relativiser les commentaires de l’archéologue, d’autant plus qu’ils excluent avec une partialité maladroite, toute référence autre que celle à l’Europe.
« On y distingue cependant quelques nuances, notamment dans la position des membres supérieurs où l’on a parfois imprimé aux corps des postures relativement inhabituelles telles que les mains plaquées sur les épaules. Il n’en demeure pas moins qu’il est extrêmement hasardeux sur un échantillon aussi réduit de conclure à un particularisme local ou ethnique. »
« Une même prudence devra être adoptée à l’égard de l’absence de vestiges mobiliers ou d’accessoires vestimentaires dans les tombes, ils ne sont guère plus présents dans les sépultures métropolitaines avant la fin du XVIII’ siècle et surtout le XIXe siècle où la coutume de vêtir les défunts fait un retour massif. »

Car les pratiques qu’il attribue à un héritage européen n’excluent pas leur référence à d’autres composantes de la population des débuts du peuplement. Et à supposer que son champ de connaissances ait été réduit à la seule sphère européenne, comment ne pas s’étonner devant l’absence de contribution de ses collaborateurs universitaires locaux qui disposaient pourtant, en plus de leur propre culture historique, de la littérature du fonds océan Indien de la BU ? Mais encore fallait-il que leur regard fût débarrassé de la persistante image de notre histoire dont ils ont hérité.

B - L’importance de la grille de lecture
Si nous considérons comme digne d’intérêt la période allant de 1663 à 1715, il convient de tirer les enseignements de la description des sépultures pour affiner la connaissance de pratiques de la population de l’époque.
Il existe, certes, des descriptions de la population de Bourbon des débuts du peuplement dont les observateurs ne manquent pas de remarquer les pratiques héritées de l’Europe, mais aussi de souligner celles qui ont été influencées par Madagascar. C’est ainsi que dès 1671, Dubois en donne un aperçu :
« Le riz, qu’ils plantent à la mode des noirs, faisant quantité de trous en terre où ils jettent du riz et le recouvrent de terre ». Lougnon, pages 86 à 91,
Si l’imprégnation culturelle, au tout début du peuplement, s’est faite, au niveau des techniques, notamment agricole, dans le sens épouse-époux, ou serviteur-colon (7), en matière de pratique cultuelle, c’est l’Europe qui s’est imposée officiellement. Il était inévitable que l’absence de ségrégation des premières décennies favorisât ce métissage dont s’étonnait Le Gentil en 1717.
À cette originalité physique correspondait d’ailleurs une originalité de coutumes qui, au fil des générations, a distingué la population de l’ile des peuples dont venaient les éléments qui la composent. Pour ne prendre que l’élément le plus apparent à l’observateur que fut Giovanni Borghesi en 1703
« Leur vêtement n’est totalement conforme ni à l’usage indien ni à celui d’Europe. » Lougnon, pages 184 à 187
Mais les descriptions sont limitées aux aspects les plus accessibles à l’observateur étranger et gagneraient à être enrichies d’informations livrées par cet espace funéraire car nous ne disposons, à ce jour, d’aucun témoignage sur les rites funéraires en vigueur chez cette population.

Il faut aborder la lecture des descriptions faites par l’archéologue en ayant à l’esprit ces données : dans un contexte nouveau, différent de celui de leurs pays d’origine respectifs, comment les habitants qui ont procédé aux inhumations en question se sont-ils acquittés de cette pratique importante. Avoir des renseignements sur la ritualisation de la mort dans cette société émergente c’est avoir une approche plus précise de l’adaptation des traditions ancestrales respectives à une situation nouvelle avec la donnée qu’une majorité de familles sont métissées.

C- Des informations précieuses
1 -Les cercueils. Manifestement, les individus dont les restes ont été retrouvés dans un état de conservation satisfaisant, qui n’avaient pas été disloqués par la houle et le glissement de terrain consécutif, avaient été ensevelis dans des cercueils. Les clous en témoignent. Leur disposition a permis de déduire qu’il ne s’agissait pas de sépultures d’esclaves à cause des moyens mis en œuvre et de la sophistication estimée de certains cercueils que cela supposait :
« L’inhumation S9 a été pratiquée dans un cercueil dont il subsiste les clous qui étaient fichés dans les planches du fond. La paroi nord est assujettie au fond par quatre clous distants de 0.50 m à 0.70m et le petit côté est par trois clous. A mi-longueur du cercueil, au niveau du bassin du défunt, deux clous fichés verticalement suggèrent la présence d’une traverse ou d’un assemblage plus complexe. » page 19
L’assemblage complexe que laisse supposer la disposition des clous de de plusieurs sépultures mises à jour montre aussi que quels que soient les individus concernés, la confection des cercueils ne correspond pas à la méthode de fabrication propre aux peuples du sud malgache (8). C’est donc la confection à l’européenne qui l’a emporté. Cette population des débuts du peuplement dont les témoins disent qu’elle fabriquait des canots en creusant des troncs d’arbres n’a pas choisi cette technique pour fabriquer les cercueils.
On peut regretter que la réflexion menée à partir des clous semble s’être arrêtée en chemin. Certes, devant leur longueur et leur diamètre, l’archéologue formule une hypothèse concernant l'éventuelle épaisseur des planches du cercueil.
« C’est également l’impression que donne le format des clous où les pièces de 6 cm de longueur pour 8 mm environ de diamètre sont courantes, laissant supposer que l’épaisseur des planches mises en oeuvre atteignait ou dépassait deux centimètres, un clouage sur le chant d’une planche de moindre épaisseur étant très délicat avec de telles sections. » Page 6
Mais faute de vestiges d’objets ou de structures d’époque auxquels des échantillons de référence auraient pu être associés, il est impossible de les dater (9). Car chaque époque a dû avoir ses propres styles, ses propres normes et gabarits adaptés aux différents usages des clous. Et ces clous utilisés pour les cercueils n'ont pas dû être conçus pour ce seul usage.

2 - Des pratiques funéraires notables :
Nous choisirons de ne pas suivre l’archéologue lorsqu’il considère certains détails sortant de l’ordinaire comme des « nuances » et ,
« qu’il est extrêmement hasardeux sur un échantillon aussi réduit de conclure à un particularisme local ou ethnique. »
Car en présence d’une découverte archéologique, la convergence d’un faisceau d’indices contextuels supplée à l’insignifiance et à la banalité apparentes de la découverte. Or dans le cas en question, la densité du faisceau d’indices est digne d’être prise en considération, comme le montre le tableau synoptique suivant dans lequel nous avons relevé tous les détails susceptibles d’apporter des réponses à nos questions :

En effet, si, comme le constate l’archéologue, la morphologie crânienne permet de
« rapprocher les sujets exhumés des populations africaines »
il faut prendre avec prudence son choix d’assimiler à une seule pratique européenne
« L’ensevelissement des corps dans des cercueils, défunts allongés sur le dos, la tête à l’ouest. »
Les premiers éléments venus de Madagascar à Bourbon au XVIIe siècle étaient originaires du sud de Madagascar où les populations ont le physique africain. L’inhumation dans des cercueils se pratiquant chez les Antanosy, Antandroy, Masikoro, Mahafaly ou encore Bara(10), il convenait de décrypter les « nuances » signalées par l’archéologue.

Sexe
Age
Orient
Position
Tête
Mains
Objets
Clous
S1
F
30
ouest
Dec dors
gauche
bassin
Anneau
6
S2
M
Adult
ouest
Dec dors
_
épaules
_
2
S3
M
16+
ouest
Dec dors
droite
bassin
_
16
S4
M
Adult
ouest
Dec dors
_
bassin
_
3
S5
M
Adult
ouest
Dec lat ?
droite
bassin
_
8
S6
M
Adult
ouest
Dec dors
_
épaules
_
_
S7
M
Adult
ouest
_
_
_
_
1
S8
?
?
?
_
_
_
_
_
S9
M
Adult
ouest
Dec dors
_
épaules
_
9

 

a -Tous les corps sont orientés la tête vers l'ouest.
Ce n'est pas une exclusive européenne. Il y a à Madagascar (dans le sud) des populations qui sont attachées à cette pratique. C’était le cas des Sakalave dans le Menabe
« Les mafangatoka ou hommes libres étaient inhumés primitivement la tête à l’ouest puis avaient obtenu de l’être aussi la tête à l’est. Les maromainty ou affranchis et les andevo, ou esclaves étaient allongés la tête à l’ouest ; cependant ils pouvaient être autorisés à avoir la tête à l’est s’ils étaient placés la tête à l’ouest de leurs anciens maîtres.»(11)
et des Vezo, plus au sud :
« The Vezo bury their dead with the head to the west, near the beach or on a small islet. » (12)
Seul avec sa culture européenne, l'archéologue ne pouvait pas s’y référer mais ses collaborateurs locaux auraient pu l’aider à nuancer son commentaire. C’est important car cela peut vouloir signifier une convergence entre rites funéraires communs aux originaires de l’une et l’autre région du monde.

b - Tous les corps n’ont pas été préparés de la même façon avant l’inhumation.
L’archéologue a été interpellé par les cas de S2, S6, S9 :
« On y distingue cependant quelques nuances, notamment dans la position des membres supérieurs où l’on a parfois imprimé aux corps des postures relativement inhabituelles telles que les mains plaquées sur les épaules ».
et en donne, pour S9, une description levant toute ambiguïté. :.
« Par ailleurs, la disposition des mains à la naissance de la gorge, conjuguée à la position des membres supérieurs dans une flexion outrepassant la mobilité naturelle de l’articulation du coude, est le fruit d’un travail sur le défunt mettant en oeuvre un dispositif de contention assez sophistiqué, associant vraisemblablement la ligature du bras et de l’avant-bras à un «emmaillotement» de l’ensemble permettant le maintien en position des mains. » Page 19, S9
Il est possible de faire un rapprochement avec les coutumes des Antanosy, Sakalave et Bara qui emmaillotaient le corps dans des nattes ou des draps qu’ils cousaient.

c - La position de la tête
Autres éléments qui auraient dû interpeller les historiens : les squelettes dont la tête n'avait pas été abîmée ou détruite l’avaient, posée sur le côté droit pour les hommes et sur le côté gauche pour la femme. Cette dernière avait manifestement été inhumée dans cette position puisque la tête, semble-t-il avait dès le début, appuyé sur l'anneau métallique qui lors de l'exhumation adhérait à l'os temporal gauche.
Plus convaincante encore est l’interrogation suscitée chez l’archéologue par le cas de la sépulture 5. (Référence de l'illustration : Rapport Bizot, page 17. )

« Le défunt est un homme adulte probablement mature (dents usées) reposant en décubitus dorsal, l’ensemble du corps incliné sur la droite(…)
La position de ce squelette pose différentes questions quant aux intentions initiales des inhumants et à l’incidence éventuelle d’événements secondaires. (…)Par ailleurs, les positions respectives des vestiges de l’hémi-thorax et du membre supérieur gauches sont en apparence discordantes avec leurs controlatéraux et le rachis, ces derniers étant typiques d’une position en décubitus latéral, tandis que le flanc gauche évoque pour sa part une position dorsale(…)Reste à déterminer dans quelle position a été inhumé le défunt? (…)selon que l’on privilégie l’un ou l’autre des différents éléments discordants relevés, il est possible de restituer soit le dépôt du corps sur le flanc, avec un membre supérieur gauche déjeté en arrière et la tête placée en position axiale, soit une bascule postérieure de la structure sous l’effet d’un affaissement du peut-être à la présence d’une tombe limitrophe… »

Or, nous dit Decary, chez les Antanosy :
« dans le cercueil, les hommes étaient autrefois couchés sur le côté droit, les femmes sur le côté gauche.»(13)

d - La signification de l’anneau
Que dire alors de la spire métallique retrouvée contre la tempe de S1 (la femme) ?
Il faut considérer que l'hypothèse de la boucle d’oreille doit être écartée définitivement.
Pour m’en assurer, j’ai reconstitué à partir du calque de la photo du crâne de la page 9 du rapport l’endroit précis où se trouvait cet anneau par rapport à l’emplacement de l'oreille gauche. Il en est bien loin.

Il m’était alors difficile de ne pas faire le rapprochement avec la pratique caractéristique des Bara :
« Dès la survenance de la mort, le corps est lavé ; pour une femme, les cheveux sont réunies et un bracelet d’argent est attaché sur le front (…) chez les Bara Antaivondro de la région de Befotaka, on parait autrefois le mort de bijoux apportés en cadeaux. On collait ainsi sur ses tempes des boules de graisse ; elle servaient à fixer les extrémités de trois ficelles garnies de perles blanches, rouges et noires (lohivanda faty, mena, vanity) qui passaient sur le front. Quand on le pouvait, on plaçait un bracelet rond en argent, largement ouvert, au sommet de la tête, pour simuler les cornes de bœufs (kitsifa) : les pièces de monnaie offertes étaient déposées sur la tête et le corps comme chez les Antaisaka ».(14)
Évidemment on peut avancer qu'il ne s’agit pas dans le cas en question d’un bracelet d’argent, mais d’une spirale de cuivre. Mais cela peut être interprété comme la survivance d’une pratique dans un contexte nouveau.

3 - Quid des inhumants et des inhumés ?
Les informations fournies par l’intervention nous laissent pourtant sur notre faim, car s’il y a des traces de pratiques funéraires dont certains rituels sont propres à tel ou tel peuple du sud de Madagascar, il faut ajouter que dans plusieurs cas, on se trouve en présence d’un métissage de pratiques.
Acceptons donc le commentaire de Bizot sur le rattachement à la tradition européenne, en ce qui concerne les inhumations dans les cercueils qui concernent tous les inhumés et ajoutons au crédit de la même influence la position des corps en décubitus dorsal.
Mais faisons remarquer que par exemple S1 a été inhumée suivant les coutumes française, bara et antanosy. De même, S1, S3, S5 qui ont été disposés dans le cercueil à la façon antanosy n’ont pas été orientés la tête vers l’est comme veut cette dernière tradition mais vers l’ouest suivant la coutume européenne ou sakalave.

Sexe
Orient
Position
Tête
Mains
Objets
Clous
S1
F
Eur?
Eur?
Antan
Bara?
Eur
S2
M
Eur?
Eur
Sak/Bar
Eur
S3
M
Eur?
Eur?
Antan
Eur
S4
M
Eur?
Eur
Eur
S5
M
Eur?
Antan
Antan
Eur
S6
M
Eur?
Sak/Bar
Eur
S7
M
Eur
S8
?
Eur
S9
M
Eur?
Eur?
Sak/Bar
Eur

Ceci nous amène à nous interroger sur l’identité des défunts, les liens entre eux et leurs inhumants et aussi sur les rapports du groupe auquel ils appartenaient avec les codes de la société dans laquelle vivait ce groupe.
S’il est admis que dans toute société traditionnelle il existe des liens culturels très forts entre les défunts et ceux qui procèdent à leur inhumation, la complexité des pratiques funéraires révélée par l’intervention de l’archéologue funéraire laisse le champ ouvert sur plusieurs hypothèses. Les inhumés ont pu être nés à Madagascar ou à Bourbon de parents malgaches originaires de régions différentes ; ils ont pu tout aussi bien être créoles (c'est-à-dire nés à la Réunion) de couples franco-malgaches. Ceci expliquerait la cohabitation de coutumes dans la préparation de certains corps.

CONCLUSION
Au terme de cette analyse du rapport Bizot sous tous ses aspects, je suis amené, compte tenu de l’intérêt des leçons qui s’en dégagent, à dénoncer une fois de plus la place qui a été, à ce jour, réservée à l’archéologie à la Réunion. Je le fais avec d’autant plus de force qu’en dépit des conditions préalables et contextuelles déplorables de l’intervention, celle-ci a fait la démonstration que l’archéologie peut compléter de façon efficace la connaissance de notre histoire fournie par les documents écrits.
Elle a en effet livré des éléments d’information très importants pour la compréhension de notre identité.
Elle a disqualifié la position qui a été longtemps celle des historiens de référence - et que certains continuent encore de soutenir - à savoir l’assimilation de la construction de l’identité réunionnaise à la seule organisation sociale régentée par le politique.
Elle a précisé que c’est dès le début du peuplement, avant l’entrée en vigueur du système esclavagiste, que s’est mise en place une osmose culturelle entre différents éléments de la population. Ce métissage originel qui a été bien plus que physique s'est manifesté dans les pratiques intimes probablement vécues dans le cadre familial. Quels qu’aient été les tensions, les affrontements, les exclusions vécus par les Réunionnais au cours de leur histoire, il est la matrice qui, a permis que l’identité fût disposée à s’enrichir des apports de toutes les composantes, indépendamment des hiérarchies sociales et culturelles imposées par le système.
Elle ne peut manquer de passionner les historiens, bien sûr. Mais elle interpelle aussi les institutionnels qui ne peuvent échapper à leur responsabilité : celle de donner à la Réunion les moyens de disposer d’un service régional d’archéologie capable de prendre des mesures appropriées lors d’interventions en fouilles de sauvetage et aussi de faire de l’archéologie préventive comme c’est le cas sur tout le reste du territoire national. Il suffit d’appliquer à la Réunion les textes existants. C’est une question d’intelligence politique.
.................................Le Tampon , le 14 septembre 2008
...........................................................................Roger Théodora

NOTES

1 - Extrait du rapport des fouilles des 30 septembre 1983 et 4 octobre 1983 adressé le 26 octobre 1983 par Madame Greffet Kendig, Responsable de l’Antenne archéologique s/c de Monsieur le Sous-Directeur du Patrimoine (Archéologie) à MM. - Le Directeur Régional des Affaires Culturelles de La Réunion , - Le Préfet de Région - Le Maire de Saint-Pierre - Le Directeur des Archives Départementales. .Pour plus de détails il faut se reporter à "Candide et l'ancien puits" pages 476 et suivantes. (revenir au texte)
2 - Le JIR du 7 mars (revenir au texte)
3 - Extrait du rapport Bizot p.4 (revenir au texte)
4 - Rapport, page 6 (revenir au texte)
5 - Candide et l’ancien puits, pages 465 à 469 (revenir au texte)
6 - voir le texte remis à la presse et mis également en ligne (revenir au texte)
7 - «Les quarante premières années », in Bardzour N° 1 1976 pages17 à 24 (revenir au texte).
8 - « On l’ensevelit dans une natte très fine, sur laquelle fut cousu un drap de coton ou de soie, puis on mit le tout dans dans deux pièces (troncs) d’arbres creusées, qui furent liées avec des cordes tout autour ; cela lui servit de cercueil. » CAUCHE, relations véritables et curieuses de l’île de Madagascar, Paris 1651, cité par DECARY Raymond, La mort et les coutumes funéraires à Madagascar, Editeur : G.-P. Maisonneuve et Larose, Paris, 1962. page198. (revenir au texte)
9 - Cette lacune met en évidence la faible contribution du patrimoine à la connaissance de l'histoire de la Réunion. (revenir au texte)
10 - Eentre autres passages consacrés à ce point par Decary celui de la page 205 (revenir au texte)
11 - idem, page 246 (revenir au texte)
12 - Dahl, p 98 (revenir au texte)
13 - Decary, page 205 (revenir au texte)
14 - idem p. 261, 262 (revenir au texte)

Document analysé :
BIZOT Bruno, conservateur du patrimoine, Service Régional de l’Archéologie, DRAC, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Saint-Paul, La Réunion, cimetière marin, fouille de sauvetage et d’évaluation, mars 2007.

Ouvrages consultés :

DAHL Otto Chr., Migration from Kalimantan to Madagascar, The institute for Comparative Research in Human Culture, Norvegian University Press, Oslo, 1991
DECARY Raymond, La mort et les coutumes funéraires à Madagascar, 304 p.-42 p. de pl. hors-texte, Editeur : G.-P. Maisonneuve et Larose, Paris, 1962.
EVE Prosper , Naître et mourir à l’île Bourbon à l’époque de l’esclavage, l’Harmattan&Université de la Réunion, 2000, 202p.
EVE Prosper , Les cimetières de la Réunion, Océan éditions.
LOUGNON Albert, Sous le signe de la tortue (voyages anciens à l'île Bourbon 1611-1725 ), 3 ème édition, Nérac ,1970.

S1 : sépulture n°1 ;
ouest : tête orientée à l’ouest ;
Dec dors : decubitus dorsal (reposant sur le dos);
Dec lat : (reposant sur le côté) ; gauche : tête inclinée à gauche ;
bassin : position des mains par rapport au corps
Antan : coutume antanosy
Bar: coutume bara
Eur: coutume européenne
Sak: coutume sakalave
?: coutume qui pourrait être partagée par une autre composante de la population compte tenu des indices relevés sur la même sépulture
.
 
   
 
L'intervention a mis en évidence des pratiques funéraires qui remonteraient aux premières décennies du peuplement,accréditant l'hypothèse suivant laquelle c’est dès le début du peuplement, avant l’entrée en vigueur du système esclavagiste, que s’est mise en place une osmose culturelle entre différentes composantes de la population. .
 
         

Le rapport Bizot, un document édifiant qui plaide
pour la structuration de l’archéologie à La Réunion