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Choka, agave, aloès, mazanbron: confusions à éviter.
Partie botanique:Marc Rivière et Raymond Lucas; partie historique: Roger Théodora. Tableaux:Roger Théodora. Photos: Raymond Lucas & Roger Théodora

alimentant les fours à chaux. On s’en servait aussi pour la confection de clôtures sommaires de parcs, de toits de paillotes ou cadres dans les abris de fortune. La moelle « mie » extraite du mât, autrefois utilisée comme mèche de tonn (briquet), est aujourd’hui exploitée par l’artisanat local. Quant à la cuisine, elle s’est emparée du chou du choka pour des recettes au nombre desquelles figure l’achar de choka.

Choka vert

Pour les non-spécialistes, certaines expressions telle « gatir lalwes » (corde d’aloès) désignant les cordes en fibre de choka ont contribué à la confusion avec les aloès. En effet, le terme lalwes est utilisé également pour désigner le vrai aloès (Aloe) qui, lui, appartient à la famille des Asphodélacées.

Sisal
Choka bleu

II - Le mazanbron : lomatophyllum ou aloe ?

Dans ce système, les familles Aloaceae et Liliaceae étant distinctes, les aloès et les lomatophyllum appartiendraient à des familles différentes et une certaine logique serait respectée puisque les aloès se reproduisent par rhizomes et les lomatophyllum (les mazanbron), qui ont des fruits, par germination des graines. Le problème est qu'au moins une espèce de mazanbron se reproduit tant par les drageons que par les graines. Le terme lomatophyllum semble ne pas être reconnu du système.

Ordre :
Liliales

Famille
Aloaceae
Famille :
Liliaceae
Genre :
Aloe
Genre :
Lomatophyllum ?
Espèces :
Aloe arborescens, Aloe ferox, Aloe perryi, Aloe vera
Espèces :
Lomatophyllum borbonicum,? Lomatophyllum macrum ?
Ordre :
Asparagales
Famille :
Asphodélacées
Genre :
Aloe
Genre :
Lomatophyllum
Espèces :
Aloe arborescens, Aloe ferox, Aloe perryi, Aloe vera
Espèces :
Lomatophyllum borbonicum, Lomatophyllum macrum

Selon la classification phylogénétique, le mazanbron ferait partie, comme l’aloès, de la famille des Asphodélacées, famille de plantes monocotylédones qui se substitue à la famille des Aloacées et qui comprend une vingtaine de genres recensés parmi lesquels Aloe et Lomatophyllum. Ce dernier nom qui veut dire « feuille à frange » désigne un genre qui diffère d' Aloe mais cette classification ne semble plus, depuis quelques années, convenir aux botanistes.

2 - Démarche scientifique et approximations

Dans l’ Index de la flore vasculaire de la Réunion, les mazanbron sont assimilés aux aloès.
Cette dernière classification appelle deux commentaires :

Ordre :
Asparagales
Famille :
Asphodélacées
Genre :
Aloe
Espèces

Nom scientifique

Aloe vera

Aloe macra Haw.

Synonymes

Aloe barbadensis

Lomatophyllum macrum lomatophyllum borbonicum

Noms vernaculaires

Mazanbron, Aloès amer

Mazanbron maron Mazanbron sauvage

1 - si l’Aloe vera s’est vu attribuer le nom vernaculaire d’Aloès amer, il n’a jamais été appelé mazanbron par les anciens qui dans les campagnes se sont procuré du mazanbron (médicinal) dans les forêts.
2 - Le mazanbron maron n’a jamais été récolté par ceux-ci comme plante médicinale. En effet, même pour quelqu’un qui n’avait pas une grande connaissance des plantes, la confusion était impossible : la feuille de mazanbron maron coupée ne pleure pas le suc couleur de miel du mazanbron médicinal, elle a l' odeur sans personnalité d’une quelconque herbe coupée et un goût d’une fadeur qui ne rappellent en rien l’odeur vireuse et l’amertume extrême du mazanbron médicinal.
Ceci pose la question du choix fait par les botanistes qui, en établissant le classement, en ont fait disparaître le mazanbron médicinal. Une telle opération n’est excusable que si l’espèce a disparu. Encore que l’attribution du nom d’une espèce, même disparue, à une autre espèce ne procède pas d’une démarche scientifique !
Le fait que le mazanbron médicinal n’ait fait l’objet d’aucun intérêt de la part des scientifiques pendant près d’un siècle ne change rien à la nécessité de son recensement une fois des spécimens retrouvés. À charge pour les scientifiques de vérifier l’identité de la plante en confrontant ses caractéristiques à celles qui lui ont valu d’être observée dès le XVIIe siècle, nommée et cataloguée dès le XVIIIe siècle et de figurer dans l’Index international des noms de plantes.
Or, depuis 1998, c'est-à-dire bientôt dix ans, la preuve a été fournie par l’association des Amis des Plantes et de la Nature qu’il existait encore, en plusieurs endroits, des spécimens de l’espèce Lomatophyllum borbonicum autrement dit du mazanbron médicinal.

3 - Ce mazanbron qu'on croyait disparu.

« Habitant au Tampon depuis 1964, j’eus personnellement l’occasion de recueillir plusieurs témoignages de vieux paysans qui allaient « rod mazanbron pou bros lo kor pou tir la doulèr » lorsqu’ils avaient été contusionnés. En 1997, je recueillis même le témoignage de J. L., âgé de 45 ans, dont le père, ancré dans la pratique de phytothérapie populaire allait s’en procurer sur un spécimen âgé situé près de la ravine Jean Payet. Malheureusement le vieux était décédé et le spécimen connu de mon informateur avait été détruit au cours d’un défrichement radical de son milieu naturel. » Roger Théodora, documentation pour Candide et l’ancien puits, archives personnelles.

« Nous sommes allés à sa [le mazanbron] recherche et avons été providentiellement aidés par la découverte au lieu dit : Deux- Bras, dans le cirque de Mafate, d’un spécimen qui correspond en tous points aux descriptions des voyageurs qui sont passés dans l’île à l’époque. Ensuite plusieurs autres spécimens ont été repérés dans d’autres sites : Bras des Merles, la Grande Chaloupe, Grand-Bassin. » Extrait de : Marc Rivière, Les plantes médicinales à l’île de la Réunion, leurs amis et leurs faux amis, Tome II , à paraître.

Ainsi, après Thaureau entre 1654 et 1657, les premiers habitants de l’île entre 1663 et 1704, soit pendant cinquante ans, en récoltant le suc de l’aloès médicinal endémique sur l’île avaient, en même temps, intégré une pratique millénaire de l’usage de cette plante et s’étaient emparés du vocabulaire qui s’y rapportait. Médication dont Charles de l’Ecluse signalait en 1556 tant dans la médecine arabe que turque et indienne qu’elle était communément utilisée
« … comme purgatif et onguent, mais aussi pour cicatriser les plaies : à cet effet, ils disposent dans leurs officines d’un médicament appelé MOCEBAR, fait d’un mélange d’aloès et de myrrhe qu’ils utilisent en grande quantité pour guérir les chevaux et pour tuer les vers.» Carlos CLUSIO, Aromatum et simplicium aliquot medicamentorum apud Indos nacscentium Historia ,1556. Livre I chap. 2, De aloe, Pages 14 à 18.

On sait que les premiers habitants de Bourbon faisaient d’importantes récoltes de la plante qui fut commercialisée pendant au moins soixante ans
« l'Aloës ne se cultive point, et vient d'Elle même dans les bois; l’endroit, ou il y en a le plus, est du costé de la pointe des grands bois, les habitans n’ont pas la manière de la presser, ils se contentent d’en couper les feüilles, de les sus­pendre, et de les laisser distiller goute a goute dans des Ampoudres, qui sont des grandes feüilles de palmistes et après qu’elle est distillée, et qu’elle s’est mise en masse, ils la mettent dans des peaux de Cabrits, dans lesquelles elle se conserve fort bien, Monsieur Le Prevost pretend qu’elle vaut beaucoup mieux, que celle qui vient de Secotora, C’est dans le mois d’octobre, qu’on la recüeille. » Antoine BOUCHER, Page 212, 213 du manuscrit, in Jean BARASSIN, L’Ile Bourbon & Antoine Boucher (1679-1725) au début du XVIII siècle, 1978, page 204.

............................Des pratiques vivaces
Héritiers de cette pratique, certains coqueleux utilisent encore sous forme d’onguent une décoction de feuilles de mazanbron ou d’aloès amer et des grains de girofle macérés dans de l’alcool pour masser les muscles des jambes et les parties les plus exposées aux coups du corps des coqs de combat et les panser après les combats. Roger Théodora, documentation pour Candide et l’ancien puits, archives personnelles

C’est certainement de cette époque que, de ce mélange de myrrhe (mo) et d’aloès (cebar) prononcé ici mocebar, là musumbr ou encore mosombrom, date le nom de mazanbron donné par les Réunionnais à la plante elle-même.
Et à l’instar de ce qui se pratiquait dans le sous continent indien, le suc de la plante fut utilisé comme purgatif, ou en application sur des plaies, contusions ou des membres fracturés. Il n’était pas réservé aux humains mais était également d’usage vétérinaire.

"Lomatophyllum" est un concept générique très faiblement étayé sur les plans morphologique, anatomique, cytologique et palynologique. Ce concept est même suspecté de polyphylétisme... Provisoirement donc, le rang de section du genre Aloe proposé par ROWLEY (1996) lui convient mieux : Aloe sect. Lomatophyllum (Willd.) G.D. Rowley. Extrait de Conservatoire botanique national de Mascarin, Zèrb é piédbwa , les infos de l'Index , Année 2005, Numéro 0, Mars 2005
http://www.tela-botanica.org/actu/IMG/Newsletter1.pdf

Voilà une situation qui rappelle étrangement celle de l’amalgame entre le café pointu et le café maron. Au début de l’histoire était l’aloès socotorin, nom donné à l’aloe barbadensis qui, cultivé dans l’île de Socotra depuis l’antiquité en avait fait la référence dans une zone du monde couvrant les rivages continentaux de l’Océan Indien, le Moyen Orient, le Monde Méditerranéen et même une partie de l’Europe. Aloès, mot mythique, était déjà source de confusions pour les historiens, critiques littéraires et administrateurs coloniaux européens qui à partir du XVIIe siècle s’intéressèrent à notre région du monde.
C’est que le bois d’aloès Excoecaria agallocha auquel Flacourt, par exemple, s’était intéressé n’a rien à voir avec l’aloès qu’Antoine Thaureau récolta à Bourbon dans l’espoir de monnayer son passage et celui de ses compagnons vers l’Inde. Lorsque l’exilé dit :
« De l’ouest au nord [ouest] est un pays inhabitable jusqu’au grand étang où sont posées les armes de France (...) n’ayant rien su découvrir sinon aloës en quantité, nous nous mîmes à travailler pour la saison qui s’approchait... » Mémoire d’Antoine Thaureau in LOUGNON, Voyages anciens..., éd. 1970, page 31.

Il parle en effet de cet aloès dont Giovanni Borghesi dira en 1704 :
« Là se trouve l’aloès idéalement parfait car de pareil je n’en ai jamais vu alors ni depuis. Il y en a de trois sortes, à savoir le socotrain, l’hépatique et le caballin. Le socotrin, dit-on, se fait de pur jus qui, tiré des feuilles écrasées de cette plante, est ensuite condensé. L’hépatique se tire de la pâte impure de ce même suc, mêlé avec d’autres feuilles condensées et écrasées de même.
Mais les insulaires, pour en produire, se contentent de détacher les feuilles du tronc, puis les conservant entières, sans les écraser, ils en forment de petites bottes. De là s’égoutte ensuite, en abondance, en des vases placés dessous, une liqueur ou suc fort limpide, de couleur dorée, qui peu à peu se coagule et se condense. C’est là l’aloès très pur et très recherché auquel nul autre ne se peut comparer et qui se vend à raison d’un jule [monnaie pontificale] par chaque livre romaine.

Cette plante, je la dessinai, comme on le verra en son temps. Ses feuilles sont longues d’environ 3 empans, et quelquefois même de 4, et larges de 5 doigts. Les fruits sont ronds et en forme de grappes; ils ne sortent pas du centre de la plante, mais naissent à côté des feuilles, pendant telles des grappes de raisin, mais plus éparpillés et plus rares. » Giovanni BORGHESI, extrait de Lettera scritta da Pondisceri a’ 10 di frebbario 1704 dal dottore Giovanni Borghesi medico della Missione spedita alla China della Santita di N.S. Papa Clemente XI – Roma, M.DCCV..,245 pages, in LOUGNON, Voyages anciens..., éd. 1970, page 189.

La mise en perspective de la description de Giovanni Borghesi et du mazanbron sur la photo est édifiante
Suc cristallisé et broyé de mazanbron
Jeune plant de mazanbron "de Grand Bassin " (Lomatophyllum borbonicum) portant des fruits

. Règlement concernant l'exploitation de l'aloès en 1687
"...Que tous les dits habitants pourront faire de laloys (= aloès) où ils pourront, excepté dans les caz (= cases) qui ont toujours esté sy devant réservez poûr le roy, sous peine de confiscaô (= confiscation), y estant atrapé, et de vingt escus damande payable dans la huictaine pour la premierre fois, et en (cas) de résidive, seront rigoureusement chastiez, et serviront le roy six mois sans aucun sallaire, et se, pour voulloir anticiper sur les droits de son prince.Mais ouy bien pourront les dits habitants emplanter un chaicun dans leurs habitassions autant qui pourront, pour en recueillir en la saison...
Donné à nostre hautel, au cartier de Saint Paul, le 15e janvier 1687, le jour et an que dessus. Drouillard "
In Jean BARASSIN, Histoire religieuse de La Réunion, Saint-Denis 1953

Comment expliquer la position prise à la fin du XXe siècle par le conservatoire botanique de Mascarin en rupture avec celle des botanistes des XVIIIe et XIXe siècles dont les informateurs ont vu les deux mazanbron ?
Lorsqu’en 1999, dans le cadre de la semaine de la science, le Conservatoire botanique de Mascarin décide de rendre publiques deux ans d’observations sur le mazanbron maron, la situation est très confuse. L’article du JIR du 20 octobre 1999 qui en rend compte assimile le Lomatophyllum borbonicum au Lomatophyllum macrum et signale que cette dernière espèce « possède de grandes valeurs médicales et a été abondamment utilisée». Curieuses affirmations s’appuyant sur une lecture hâtive des archives des XVIIe et XVIIIe siècles, une prospection insuffisante des zones forestières et l’absence d’analyses chimiques. Les botanistes du Conservatoire n'ont pas encore eu connaissance de la découverte du mazanbron des Deux Bras.
En réalité, c’est en dehors de l’institution que des particuliers ont, depuis dix ans déjà, fait des découvertes capitales et accumulé des observations qui aboutissent au cours de la première décennie du XXIe siècle à une remise en cause de bien des approximations répandues officiellement.

Au premier plan, Lomatophyllum macrum (variété de Grand Bassin) âgé de 20 ans. Sur cette plante, on peut constater trois stades contemporains d’évolution de la floraison et de la fructification. Le mazanbron maron fleurit et fructifie toute l’année. Les graines issues des baies tombées sous le pied-mère donnent des semis drus. Mais rares sont les plantules qui échappent aux escargots qui en raffolent.
Fleurs de lomatophyllum macrum. remarquer la grappe florale en forme de pin au bout de la hampe
Chez ce mazanbron mauricien, (Lomatophyllum purpureum) la disposition des fleurs est la même que celles du mazanbron maron

Pour naviguer dans la page

I - Les choka ne sont pas des aloès
II - Le mazanbron: lomatophyllum ou Aloe?
....1 – D'un système de classification à l'autre.
....2- Démarche scientifique et approximations
....3 - Ce mazanbron qu'on croyait disparu.
III - Curieuses conséquences du silence des historiens
Aloes amer, mazanbron maron, mazanbron de Maurice, mazanbron : connaissance des espèces.
IV - L’Aloès amer (Aloe vera)
V - les mazanbron (Lomatophyllum)
....A - Les mazanbron maron
.......1 - Le mazanbron maron de la Réunion
.......2 - Les mazanbron maron de Maurice
..............a - le Lomatophyllum tormentorii
..............b -le Lomatophyllum purpureum
....B - Le Lomatophyllum borbonicum.............. V - Tableau synoptyque des observations

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1- Lamarck donne, dans son Encyclopédie méthodique botanique avant 1800, Aloe purpurea pour le Lomatophyllum borbonicum et non pour le Lomatophyllum macrum.
2- et comme le souligne Desfontaines à la page 29 de son Catalogus plantarum Horti regii parisiensis, il existe, élevé dans la serre, un Aloe macra Haw. figurant dans l'Encyclopédie sous le nom de Aloe fructicosa

originaire du Cap et non des Mascareignes. Renommer Aloe macra le Lomatophyllum macrum est donc arbitraire tant que subsistera cette confusion entre deux plantes originaires d'endroits éloignés l'un de l'autre due à une méconnaissance de l'histoire de la botanique et des ouvrages spécialisés écrits sur le sujet entre 1770 et 1830.
Quittes à nous inscrire encore une fois en faux contre la Flore des Mascareignes et le Conservatoire national botanique de Mascarin, nous ferons les propositions que nous ont dictées les observations que nous avons faites sur deux mazanbron mauriciens aux noms de Lomatophyllum tormentorii et Lomatophyllum purpureum (noms adoptés par la Flore des Mascareignes).
Le Lomatophyllum tormentorii Marais Kew Bull. 29(4): 721 (1974 publ. 1975) dont le nom commun à Maurice est Mazambron marron est reconnaissable à ses feuilles épaisses, rigides et dressées. Sa hampe florale a la particularité de se ramifier très près du tronc et de porter des fleurs ressemblant à celles de l'Aloe vera.
1 - Lomatophyllum tormentorii. remarquer l'allure de la hampe florale.......... 2 - fleurs de Lomatophyllum tormentorii.......................... 3 - Aloe vera en fleurs
a - Le Lomatophyllum tormentorii
b - Le Lomatophyllum purpureum
Mazanbron de Maurice de l'espèce Lomatophyllum purpureum. La ressemblance avec le Lomatophyllum macrum (mazanbron maron de la Réunion) , notamment au niveau de la disposition et de l’allure générale des hampes florales est remarquable.

Nous avons eu le privilège d'observer sur plusieurs années des spécimens de l'espèce dans laquelle la Flore des Mascareignes reconnaît la plante à laquelle a été donné le nom Lomatophyllum purpureum. Ils ressemblent beaucoup au mazanbron maron de Grand Bassin, ayant la même allure.
Les spécimens que nous avons observés, situés en zone ombragée, en ont la même couleur de feuilles, le même port de la hampe florale et la même forme de la grappe florale. Mais ils sont plus imposants: leurs feuilles sont plus longues, plus larges, plus épaisses et fournissent un assez abondant suc plus clair et moins amer que celui du Lomatophyllum borbonicum.
Autre détail qui nous a interpellés, la marge de leurs feuilles ne justifie pas toujours le qualificatif de purpureum. Il est vrai que sur certains sujets, en particulier juvéniles, les feuilles prennent une teinte purpurine qui peut être cause de confusion de l'espèce avec le Lomatophyllum borbonicum. Mais celle-ci tend à disparaître avec l'âge du sujet lorsque celui-ci se trouve en zone ombragée. Seules les épines disposéers sur le bord des feuilles gardent leur couleur, et encore, pas chez tous les individus. Et en aucune façon, on n'y observe cette marge purpurine franche dont est bordée la feuille du Lomatophyllum borbonicum.

Les fruits de ce Lomatophyllum purpureum sont bien plus gros que ceux du Lomatophyllum macrum et même du Lomatophyllum borbonicum.
1 - jeune plant de Lomatophyllum borbonicum 2 - jeune plant de Lomatophyllum purpureum ....3 -feuille de purpurreum (détail)............. 4 - feuille de borbonicum (détail)

Sur sa tige, entre les feuilles, sortent aussi des bourgeons qui, une fois prélevés et mis en terre poussent. Il se reproduit aussi par drageons comme l'Aloe vera.
De toutes ces observations, on ne peut que conclure qu'il ne peut y avoir de confusion entre cette espèce et le Lomatophyllum borbonicum, et que cette dernière espèce ne peut non plus, comme nous le verrons plus loin être réductible au Lomatophyllum macrum.
N'ayant pas observé le Lomatophyllum lomatophylloides Balf. f., de Rodrigues, nous ne pourrons en parler.

Ce mazanbron mauricien (Lomatophyllum purpureum) se distingue des mazanbron de La Réunion par les bourgeons qui sortent sur sa tige entre ses feuilles. Ces dernières contiennent un suc assez abondant, plus clair et moins amer que celui du borbonicum.
Fruit du Lomatophyllum purpureum
Nous avons choisi délibérément d'introduire la partie consacrée à la description de l'espèce figurant sur la photo ci-contre avec le nom botanique Lomatophyllum borbonicum Willd. Nous avons aussi choisi de faire une critique la plus objective possible sur les choix qui ont été faits par les botanistes contemporains de garder le nom botanique Aloe purpurea Lam. et de la considérer comme endémique à Maurice
A- Fiche d'identification:
Le Lomatophyllum borbonicum Willd. in Ges. Naturf Fr. Berl. Mag. v. (1811) 166. fait partie de la famille des Aloaceae. De Cordemoy, qui le recense à côté du Lomatophyllum macrum dans sa Flore de l'île de la Réunion signale aussi à son sujet les noms botaniques Aloe purpurea Lam. Encyc. i. 85., Phylloma aloiflorum Ker Gawl. Bot. Mag. t. 1585 (1813). , ou encore Phylloma borbonicum Schult.f. Syst. Veg., ed. 15 bis [Roemer & Schultes] 7(1): 361. 1829.
Jeune mazanbron provenant d'un semis de graines du pied-mère de Deux-Bras
Moins exposé au soleil, ce mazabron issu du même pied mère que le précédent a les feuilles d'un vert plus froid que celles de l'autre.

« Aloës à bord rouge, Aloë purpurea H.R. Vulgairement Aloës de Bourbon. Cette espèce forme une sorte d’arbrisseau dont la tige est grosse comme le bras, haute de trois à quatre pieds, nue, grisâtre, et soutient un large faisceau de feuilles fort longues. ces feuilles sont minces, peu charnues, foibles, longues de trois pieds, larges de trois pouces, vertes, bordées de rouge de chaque côté dans toute leur longueur, et de petites dents légèrement piquantes. D’entre ces feuilles s’élèvent, dans divers endroits de leur faisceau, quelques pédoncules rameux qui portent des fleurs purpurines disposées en épis lâches et peu garnis. Les corolles sont grêles, n’ont pas beaucoup plus d’un pouce de longueur ; et les étamines ne sont point saillantes. On cultive cette plante au Jardin du Roi, et on la dit originaire de l’Isle de Bourbon. fructicosa (v.v.) le suc qui découle de ses feuilles, lorsqu’on les coupe, a une odeur puante. »
J.B.de LAMARCK :
Encyclopédie méthodique. Botanique.Tome 1 p. 84

Confirmant notre critique de l’hypothèse soutenue par la flore des Mascareignes, Commerson, dans le manuscrit N° 2 (Ms 1343) consacré en partie à la liste des plantes observées à Bourbon et à l’Isle de France signale en effet à la lettre A l’« aloës de Bourbon ». Ce nom commun de la plante est une transition entre les témoignages officiels du XVIIIe siècle cités plus haut et le travail de Lamarck dans son Dictionnaire méthodique. Ce dernier, en effet, reprend à son compte les termes Aloës de Bourbon pour désigner l’espèce à laquelle il donne le nom botanique d’Aloë purpurea.qu’il a tout le loisir de décrire puisqu’il en existe alors, au Jardin des plantes, un spécimen dont on peut estimer l’âge à une dizaine d’années, si l’on tient compte de la taille de l’individu donnée par Lamarck.
Ainsi est levée toute ambiguité sur cet aloès de Bourbon qui devrait être, en toute logique, pourvu du nom botanique d’Aloe borbonica.
Fleurs de mazanbron : à la différence de celles des mazanbron maron de la Réunion et de Maurice , elles sont disposées en grappes lâches sur la hampe
Feuilles : remarquer sur la photo présentée plus haut le liseré rose qu'on retrouve dans le dessin de l’aloès de Bourbon (Phylloma aloiflorum) ci-dessus, extrait du Curtis Botanical Magazine (1813) .Comparer aussi la grappe florale du dessin et celle de la photo ci-contre.
« Le mazanbron maron de la zone dite " Deux bras " est-il le Lomatophyllum borbonicum ? Il porte un beau liseré rouge sur les bords de ses feuilles qui sont larges et plus épaisses que les autres variétés de l'île.
Cette espèce correspond, par élimination, parfaitement à la description faite par J. de CORDEMOY du Lomatophyllum borbonicum. Il ne peut être le Lomatophyllum macrum dont la flore des Mascareignes décrit " les feuilles sans marges roses ou rouges ". Il pousse vite et sa taille peut devenir aussi importante qu'un petit choca. Sa hampe florale diffère de celles de tous les autres mazanbron maron.C'est une plante très décorative. Si on sème ses graines à quelque endroit que ce soit…on obtient la copie conforme du pied mère. »Extrait de :
Raymond LUCAS, Cent plantes endémiques et indigènes de la Réunion, Azalées éditions , 2006, page 170.
Grappe de fruits du mazanbron. Très lourdes, les grappes pendent à la différence desgrappes de fruits des autres espèces. Elles ont cette allure de grappes de raisins dont parlait Borghesi au XVIIe siècle
Suc de mazanbron. Plus foncé que celui du mazanbron mauricien, il est couleur de miel lorsqu'il est frais mais se cristallise vite et prend la couleur noire de la lave cordée
Une analyse déterminante :
« Une analyse récente du suc desséché de cet "aloès pays" récolté en juillet 2006 dans mon jardin, faite au Laboratoire Vanalyse de Marseille donne une teneur en dérivés hydroxyanthracéniques exprimés en barbaloïne de : 3,30 % sur matière brute ou 3,50 % sur matière sèche. C’est une concentration en principes actifs inférieure à celle de l’aloès officinal,mais c’est quand même la preuve que c’est un aloès médicinal, notre aloès pays ou mazambron récolté et utilisé par nos ancêtres, comme tonique,laxatif et dépuratif.La Réunion a eu son aloès.Ce n’était pas l’Aloe vera qui a été introduit dans l’île beaucoup plus tard, mais un Lomatophyllum dont les feuilles laissaient exsuder un suc visqueux, jaunâtre et amer analogue à celui du véritable aloès, connu sous le nom de mazambron. Cet aloès pays ne pouvait donc pas être un Lomatophyllum macrum qui lui, ne contient pas ce fameux suc et est très justement appelé : mazambron marron. » Extrait de Marc RIVIERE, Les plantes médicinales à l’île de la Réunion, leurs amis et leurs faux amis, Tome II, à paraître.
Tableau synoptique des observations faites par les auteurs de la page
Pourquoi cette page? Nous nous sommes aperçus, en surfant sur le Net et en nous reportant ensuite à des ouvrages spécialisés que beaucoup de gens, et pas seulement des amateurs, mais parfois même des spécialistes avaient une connaissance très approximative du mazanbron. Nous avons donc pensé qu'il serait profitable à tous que nous rendions public ce que nous en savions.

I - Les choka ne sont pas des aloès

Il ne faut pas confondre les choka avec les aloès : les choka, dont les deux espèces les plus répandues à la Réunion sont le choka vert (Furcraea foetida) et le choka bleu (Agave vera cruz) encore appelé kader sont de la famille des AGAVACEAE. Importés d’Amérique centrale ils se sont répandus sur une grande partie de l’île car ils présentaient un intérêt certain aux yeux de la population. Les feuilles du choka vert ont été très utilisées mais on leur préféra le sisal(Agave sisalina), cultivé dans la région de l’Etang Salé, pour la confection de cordes et même de tissus pendant la seconde guerre mondiale. Les mâts (hampe florale) du choka bleu assemblés pour confectionner des zingad (radeaux) étaient utilisés dans le lagon pour collecter des coraux morts
Le nom botanique "aloe purpurea" a bien été donné par Lamarck au "lomatophyllum borbonicum" qui n'est ni le mazanbron maron ni un mazambron de Maurice.
 
 
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1 – D'un système de classification à l'autre.
Dans le Système d'Information Taxonomique Intégré- Amérique du Nord -, la classification s’établit comme suit :

 

  III - Curieuses conséquences du silence des historiens
     
   
 
Aloes amer, mazanbron maron, mazanbron de Maurice, mazanbron : connaissance des espèces.

I - L’Aloès amer (Aloe vera)

Aloès amer (lalwès amer) est le nom vernaculaire donné à l’ Aloe vera Mill. Gard. Dict., ed. 8. n. 15. 1768 [16 Apr 1768] plante de la famille des Aloaceae connu également sous les noms Aloe barbadensis Mill. Gard. Dict., ed. 8. n. 2. 1768 [16 Apr 1768] ou Aloe socotorina.
« L’espèce vera a été introduite dans l’île, mais n’a jamais fait l’objet de récolte de son suc pour usage médicinal(…) [C’est une] plante herbacée composée d’un faisceau de feuilles triangulaires épaisses et charnues, à bords armés de piquants, qui, lorsqu’on les incise, laissent exsuder un suc jaunâtre et très amer. L’inflorescence est une hampe vigoureuse, chargée de fleurs tubuleuses qui sont le plus souvent de couleur rouge. Les fleurs de l’espèce vera, très présente dans l’île, sont jaunes.
Partie utilisée:
Les Pharmacopées d’Europe occidentale, dont la Française n’ont retenu que le suc épaissi et desséché par divers procédés, qui se présente en morceaux vitrifiés ou en poudre.
Composition chimique
Des dérivés anthracéniques dont l’aloïne, qui est le principe actif. Un bon aloès doit contenir 18% de dérivés hydroxy-anthracéniques calculés en aloïne anhydre.
Une résine et une huile essentielle.
Propriétés thérapeutiques et usages médicinaux
Laxatif à faibles doses, purgatif à fortes doses, l’aloès est un purgatif drastique, qui irrite l’intestin et peut provoquer des poussées d’hémorroïdes.
Il est donc déconseillé aux femmes enceintes, aux enfants et à ceux qui sont atteints de colites. »
extrait de Marc RIVIERE, Les plantes médicinales à l’île de la Réunion, leurs amis et leurs faux amis, Tome II, à paraître.

II- les mazanbron (Lomatophyllum)
A- Les mazanbron maron
1 - Le mazanbron maron de la Réunion

Le Lomatophyllum macrum (Haw.) Salm-Dyck Syst. Veg., ed. 15 bis [Roemer & Schultes] 7(2): 1715. 1830 [Oct-Dec 1830] dont le nom vernaculaire est mazanbron maron fait partie de la famille des Asphodelaceae. Sur le site du conservatoire botanique de Mascarin, son nom botanique est Aloe macra Haw. (dernière actualisation : 2004-09-17). Il lui est donné le nom local principal de Mazambron marron, comme nom secondaire celui de Mazambron sauvage et comme nom français standard Aloès maigre. Les auteurs considèrent que les synonymes botaniques de Lomatophyllum macrum sont Phylloma macrum (Haw.) Sweet et [n] Hort.Brit : 423 (1827) ; Lomatophyllum macrum (Haw.) Salm-Dyck [n] in Schult., Syst. Veg. 7 : 1679 (1829) ; Lomatophyllum borbonicum auct. non Willd. [p]. C’est une interprétation confuse et partielle des écrits de l'époque car :

Fruits de mazanbron maron. Ils sont bien plus petits que ceux du mazanbron mauricien et ceux du Lomatophyllum borbonicum
2– Les mazanbron maron de Maurice.
 

III- Le Lomatophyllum borbonicum

Pour les auteurs de la Flore des Mascareignes, il disparaît en tant qu'endémique à la Réunion. C'est le nom Lomatophyllum purpureum, donné en 1893 par Durant et Schinz en référence à Aloe purpurea donné par Lamarck dans son Encyclopédie entre 1783 et 1793 qui devient le nom de référence de la plante et Lomatophyllum borbonicum n'est plus, selon ces auteurs, qu'un des douze noms susceptibles d'avoir été utilisés pour désigner ce Lomatophyllum purpureum devenu... endémique de Maurice.

C'est là une affirmation sans fondement autre que le constat fait, dans le dernier quart du XXe siècle que "l'espèce est relativement commune à Maurice et se régénère bien". C'est léger comme preuve et nous en voulons pour démonstration que notre quête de traces du Lomatophyllum borbonicum à la Réunion nous a permis de faire, en 1986, le même constat en ce qui concerne l'Aloe vera qui n'existait pas à la Réunion en 1895. Après son exploitation intensive des premières décennies à la Réunion, (200 pieds pour obtenir 1 kilo de suc cristallisé) le Lomatophyllum borbonicum a été peu à peu éradiqué des zones consacrées à la culture du café, des vivres et plus tard de la canne à sucre. Il ne lui est resté comme espace de subsistance que les zones forestières. Les écrits sur la question que nous présentons plus loin, confrontés aux observations que nous avons pu faire sur le terrain laissent penser que les botanistes modernes, découvrant un mazanbron non répertorié à Maurice, l'ont hâtivement assimilé à l'Aloe purpurea. Quant à dire avec le Conservatoire botanique de Mascarin que "le type de cette espèce, récolté fin XVIIIème par P. COMMERSON, est sensé être originaire de la Réunion, mais l'étiquetage de l'herbier Commerson est réputé suspect", c'est oublier que les documents archivés attestent que Commerson disposait dans chaque île des Mascareignes d'un réseau de collecteurs performant assurant une prospection organisée et méthodique. C’est oublier aussi, à moins de contester Antoine-Laurent de Jussieu et Lamarck, que son herbier a été apprécié par ce dernier au point d’être proposé comme l’un des cinq herbiers à alimenter le futur herbier national. En tout cas, les tribulations qu'ont connues ses travaux après sa mort ne disqualifient pas son sérieux. Et c'est de son vivant qu'il a, comme pour les cafés retrouvés dans les forêts de Bourbon, communiqué aux botanistes d'Europe les informations sur le mazanbron.

   

Pour les successeurs de Lamarck, le nom d’Aloe purpurea posera problème. En effet, plusieurs botanistes qui étudient les aloès, se rendent compte qu’il peut prêter à confusion. C’est que tant dans les jardins d’Allemagne que dans ceux de France et des Pays Bas, au moins deux espèces d’aloès ont des caractéristiques nécessitant qu’il soit fait mention de la couleur rouge dans leur nom.

Dans le catalogue raisonné des espèces d’aloès décrites par Mrs Willdenow, Haworth, de Candolle et Jacquin, paru en 1817, Salm-Dyck dit que la première, Aloe purpurescens « tire son nom de la couleur pourpre que prennent ses feuilles lorsqu’elles sont mortes ». A propos de la deuxième, Aloe rubescens, il remarque que « Mr Haworth ne disant rien de la couleur rougeâtre des feuilles de cette plante, il pouvait y avoir quelques doutes à l’égard de son l’Aloë purpurescens, si ces doutes n’étaient pas levés par la citation de l’Hort. Kew ; le nom de rubescens, se trouvant consacré par une bonne figure m’a paru devoir obtenir la préférence.» Entre-temps, l’Aloe purpurea a été renommé Aloe marginalis par de Candolle et Aloe marginata par Carl Ludwig von Willdenow.
Mais cette plante n’apparaît plus dans le catalogue de Salm-Dyck. En effet, dans une observation à la page 72, l’auteur précise :
« je ne fais pas mention dans ce catalogue de l’Aloe marginalis Dec T 31 parce que cette plante est définitivement séparée du genre aloe. M. Aiton l’avait déjà réunie aux Dracoena, mais Mr Willdenow en a fait un genre nouveau sous le nom de Lomatophyllum qui doit être généralement adopté ».
En 1811, ce dernier avait opté pour Lomatophyllum borbonicum. Quant à Ker Gawler, il choisit en 1813 le nom de Phylloma aloiflorum pour la même plante dont un dessin de la hampe florale et une feuille bordée d'un liseré rose figurant dans le Curtis Botanical Magazine présente une ressemblance évidente avec le mazanbron de Deux-Bras. Détail intéressant, la page 1585 de l'ouvrage où figure la planche porte en titre: "Phylloma aloiflorum, the Bourbon Aloe". Pas étonnant qu'en 1829 Josef Schultes le nomme Phylloma borbonicum.
Salm-Dyck, attaché comme Wildenow aux Lomatophyllum, marque la différence de l'autre mazanbron, le mazanbron maron, en lui donnant le nom de Lomatophyllum macrum en 1830. Ce n'est qu'en 1895 que Durant et Schinz choisissent de nommer Lomatophyllum purpureum la plante appelée Aloe purpurea par Lamarck. Est-il nécessaire d'ajouter que la divergence entre ceux qui entre 1780 et 1830 ont considéré que les mazanbron étaient des Aloe et leurs contemporains qui ont considéré que c'étaient des Lomatophyllum ou des Phylloma, n'enlève rien au fait que le qualificatif de borbonicum prouve qu'il s'agissait d'une plante observée à Bourbon. Quant au Lomatophyllum tormentorii, la description qui en est faite sur la planche illustrant le chapitre consacré aux mazanbron dans la Flore des Mascareignes prouve que son identification s'imposait avec raison à Marais en 1975.

B - Description:
 
Espèce

Habitat

Floraison
Reproduction
Odeur
Goût
Intérêt
Aloe vera

Cultivé partout

Toute l’année

Drageons
Vireuse
Amer
Médicinal
Mazanbron
Lomatophyllum borbonicum

Région sèche
de la Réunion

Septembre

Graines
Vireuse
Amer
Médicinal
Mazanbron maron
Lomatophyllum macrum
Idem
Toute l’année
Graines
Herbe quelconque
Insipide
? Non analysé
Mazambron de Maurice
Lomatophyllum purpureum
Maurice
Septembre
Drageons, bourgeons, graines
Herbe quelconque
Amer
? Non analysé
 

Références:
Barassin Jean- Histoire religieuse de La Réunion, Saint-Denis 1953.
Bezanger Beauquesne L., Pinkas M.: Les plantes dans la Thérapeutique moderne - Editions Maloine.
Cadet Thérésien - La végétation de l’Ile de la Réunion, Imprimerie Cazal -1980.
Candolle (de) A. P. , Plantarum historia succulentarum : Histoire des plantes grasses - Avec leurs figures en couleurs, dessinées par P. J. Redouté .. Paris - A. J. Dugour et Durand an VII [1799-1832?] 2 v
Chevalier Auguste , La vie et l'oeuvre de René Desfontaines, fondateur de l'herbier du Muséum : la carrière d'un savant sous la Révolution - Paris - Éditions du Muséum, 1939
Conservatoire Botanique National de Mascarin -Index de la flore vasculaire de la Réunion http://flore.cbnm.org/index./
Commerson Philibert, manuscrits Ms 886, Ms 1343, Muséum National d'Histoire Naturelle
Desfontaines René Louiche, Catalogus plantarum Horti regii parisiensis : cum annotationibus de plantis novis aut minus cognitis Editeur: Parisiis - J. S. Chaudé1829 XVII,
Dorvault - L’officine (XVI et XXIème Edition )- Edition Vigot.
International plant names index - http://www.ipni.org/ipni/
Jacob De Cordemoy E. - Flore de l’Ile de la Réunion - Librairie des Sciences Naturelles , 1895.
Lamarck Jean-Baptiste, lettre adressée au citoyen de Saint-Pierre le 24 avril 1793, Ar.Nat. AJ 15-512, pièce 503
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Lavergne Roger- Flore de Bourbon, tomes 1 à 8 - Editions Cazal .
Lougnon Albert- Sous le signe de la tortue - Editions Larose -
Lucas Raymond - Cent plantes endémiques et indigènes de la Réunion - Azalées éditions -
O.R.S.T.O.M - Flore des Mascareignes. - Services des Editions. Fascicules 177 à 188 (liliacées, 183).
Monnier Jeannine, [et al.] préface d'Yves Laissus, Philibert Commerson: le découvreur du bougainvillier - Association Saint-Guignefort, Châtillon-sur-Chalaronne, 1993
Rivals Pierre - Etudes sur la végétation naturelle de l’Ile de la Réunion - Les artisans de l’Imprimerie, Douladoure (1952) .
Rivière Marc - Plantes médicinales, leurs amis et leurs faux amis, Tome I, Azalées éditions, 2007, Tome II à paraître
Salm-Dyck J, Catalogue raisonné des espèces et variétés d'aloès décrites par Ms. Willdenow, Haworth De Candolle et Jacquin et de celles, non décrites, existantes dans les jardins de l'Allemagne, de la France et du Royaume des Pays-bas,Düsseldorf, 1817
Schweizer Marc- Aloès la plante qui guérit - Edition Apophtegme .
Système d'Information Taxonomique Intégré - SITI * Amérique du Nord http://www.cbif.gc.ca/
Zèrb é pyédbwa - Année 2005, Numéro 0 Mars 2005http://www.tela-botanica.org/