promyé paz
page d'accueil
first page

Prendre le temps d'analyser l'événement pour ne pas tomber dans la surconsommation d'informations et prêter le flanc à la manipulation ...

Janvier 2007: l'Etat refuse de financer le programme Envirochik destiné à évaluer l'impact de l'épandage massif d'insecticides sur l'environnement

Patrimoine et Identité menacés

12 janvier 2007. La une d’un journal local à grand tirage titre « l’écologie sacrifiée ». Le sujet, développé sur deux pages, nous apprend que le Gouvernement vient de refuser le financement du programme Envirochik.
Ce programme devait associer 18 partenaires de recherche pendant trois ans pour évaluer les conséquences que l’épandage massif des insecticides depuis un an pouvait avoir à moyen et long terme sur la faune et la flore réunionnaises.
On n’a aucun mal à imaginer que le gouvernement fera sienne la partie de la conclusion du rapport rendu le 1er juillet 2006 par le comité scientifique animé par la DIREN : « les traitements antivectoriels à grande échelle n’ont pas eu de conséquences graves sur les milieux et la faune terrestre et aquatique ». Circulez ! Y a plus rien à voir. Il n’empêche…
…depuis un an, je n’ai plus d’araignées dans ma cour, plus de coccinelles noires non plus. Le matin, je peux facilement dénombrer les abeilles sur les fleurs de palmiers et des caféiers. D’autres détails ont attiré mon attention :
Pour la première fois depuis quarante ans, je n’ai pas vu de portées de tangues dans ma cour. Et depuis le mois de février 2006, les éleveurs de coqs de combat de mon quartier ont remarqué que sur des couvées de quinze œufs, seulement deux ou trois éclosaient.
Mais alors ! si les abeilles sont devenues folles, si elles ne fécondent plus les fleurs des champs et des plantes endémiques, si, comme les poulets élevés en liberté, les oiseaux deviennent stériles….. c’est, avec l’écologie, notre identité qui prend un coup !
L’ethnocide des Indiens d’Amazonie a commencé avec les fusils de chasse qu’on leur a distribués pour les aider à mieux se nourrir.
Nous on a la pub pour les 4 x 4 et l’épandage massif de téméphos, fénitrothion, deltaméthrine et BTI. De quoi nous plaignons-nous ? R.T.

__________________________

20 décembre 2006

Identité menacée

20 décembre 2006. Quelque part à La Réunion. Questionné, en français, par l’animateur de la soirée de célébration de l’abolition de l’esclavage, l’homme, la soixantaine, une solide réputation dans le monde du spectacle, donne son avis sur l’événement:
« la révolisyon lésklavaz ? toul moun té dé zésklav. I pé èt lé zarab, i pé èt lé sinwa, i pé èt lé yab, i pé èt lé malbar, tout té zésklav. Alor pou mwin, révolisyon lésklavaz té aboli par Sarda Garriga … é la grann rène dé zésklav, sété madame Desbassyns. »*
Dans cette courte citation, anachronismes et interlangue marquée par des aberrations lexicales donnent une idée des tribulations que vit aujourd’hui notre identité.
En effet, quel rôle de passeur d’identité peut encore jouer cet homme, peut-être grand père, en tout cas, certainement référent culturel dans son milieu familial ?
Pourtant, depuis des années, il véhicule avec conviction, dans ses prestations irréprochables, des clichés de certains aspects de la réalité réunionnaise contemporaine connus de tous, et ce soir-là encore il l’a fait. Et le lendemain, les médias ont peut-être parlé de sa participation à la célébration d’un moment fort de l’Histoire de la Réunion.
Ceci pose deux questions auxquelles tout Réunionnais doit réfléchir :
- à partir de quel stade d’apparence d’authenticité passe-t-on de la prestation culturelle au spectacle folklorique ?
- Et si, dans une stratégie de politique touristique et commerciale l’effort était mis par les instances dirigeantes sur une folklorisation de certains aspects commercialisables et peu dérangeants de notre identité pendant que, sous prétexte de conformité à des exigences économiques, éthiques, préventives, sanitaires… « supérieures », l’authenticité de nos racines était condamnée à disparaître ! ............... R. T.
*voir archives RFO Réunion

__________________________

Le billet ci-dessous a été écrit en 2003 et mis en ligne sur le site de l'association MRICR-MRLKR. il reste, en 2006, d'actualité.

Vers le Meilleur des Mondes?

Il y a eu l'âge d'or de l'ethnocide: la déshumanisation de l'esclavage. Il y a eu, pendant la grande période de l'engagisme, le temps où l'on crevait les yeux des Malbars suicidés pour les punir de leur vilain geste … il y a eu au début du 20ème siècle, le temps de l'interdiction des carnavals et moringues pour prévenir tout risque de rixe. Il y a eu le temps du harcèlement du maloya et kabaré pour cause de … de quoi, au fait ?
Avec le troisième millénaire il y a, entre autres atteintes à notre identité, des noëls, premiers janviers et jours de l'an chinois … quasiment sans pétards….pour cause de " risque AZF ".
Les pardé artisanaux ne sont plus tolérés non plus, parce que non-conformes à la législation.
Le jour viendra où l'on interdira les marches sur le feu sous prétexte de dangerosité, l'on taxera les sacrifices rituels d'animaux d'abattage clandestin, l'on enlèvera les niches Saint-Expédit pour non respect de normes de construction ou pollution visuelle, etc…
Nous serons alors un peuple sans racines, sans imaginaire, un peuple sans âme, n'ayant plus rien à partager, ni la joie, ni la peine, ni l'aspiration collective à un avenir meilleur.
Mais dormons tranquilles ! Pour 500 millions donnés par ceux (l'Etat, l'Europe) qui nous déculturent à coup de règlements inadaptés, les grands ordonateurs de la Région Réunion nous préparent un formidable régénérateur…pardon ! une Maison des Civilisations et de l'Unité réunionnaises.
Enfin aseptisés de notre médiocre salmigondis identitaire local, nous pourrons y retrouver une identité au contact de la pureté et de la grandeur de nos prétendues civilisations ancestrales respectives.
Resteront des paramètres coûteux et aléatoires qui n'ont pas été intégrés au projet : la suppression de toute trace de généalogie et la chirurgie esthétique pour 700 000 individus, sans compter les procès, et - le pire est à craindre - des conflits saignants pour patronymes escroqués ou ethniquement inappropriés.
.................................................................................................................R.T.
______________________________________________________________________________________________________

POU TROUV SI LO SIT/ SOMMAIRE DU SITE
- Actualité / Laktyalité (ou lé tèrla)
- Réflexions sur l'identité / Kozman pou lidantité
- Histoire /Listwar
- Environnement et patrimoine / Nout lanvironman, nout byin
Langue créole / Lang Kréol
- Culture : littérature, musique, arts plastiques, théatre / Kiltir: liv, mizik, désin, téat
- Créolité dans le monde / Kréol partou si Latèr
- Dans la remise / Dann farfar
- Les textes officiels et leur application / Sak la lwa i di, laplikasyon la lwa
- Associations / Lasosyasyon
- Vous nous écrivez / Zot i ékri a nou
Ti kozman si laktyalité ...
Brefs commentaires de l'actualité (suite)

Billets contenus dans la page

-Novembre et décembre 2007 la loi sur la maîtrise de l'immigration, l'intégration et l'asile: un grand bond en arrière ! - Octobre 2007 De quel droit veut-on régenter notre identité? août et septembre 2007 A fors tan fé

Page précédente ......pages 1 - 2 - 3 -4

Mars 2007:reprise par certains milieux autorisés réunionnais d'une expression, "la diversité ethnique", qui est dans l'air du temps en Métropole.

Communautaristes, rêvez toujours !

Est-ce parce que nous sommes Français qu’il faut entrer dans le jeu d’un Hexagone qui, après avoir laissé s’exacerber dans ses banlieues-ghettos les réactions à une ségrégation vivace contre les enfants de ses anciennes colonies, verse aujourd’hui dans une « récupération du faciès » ? En ces temps électoraux, la tentation est grande pour des « politiciens péi » sans autre projet que de se donner, en fonction de leur « look ethnique », une crédibilité statistique, de se faire les chantres de la « diversité ethnique ». Allons nous voir nos soirées résonner de meetings pleins d’envolées lyriques sur l’admission proportionnelle aux sphères d’encadrement de ce que quelqu'un en vue nommerait la « cafritude », la « malbaritude » - pardon ! « l’hindouitude » - la « chinoiitude » et éventuellement la « yabitude » ?
Parce que l’histoire de la Réunion n’est réductible à aucune autre, y compris celle de la Métropole, je voudrais simplement donner à lire ce témoignage à ceux qui ignorent ou veulent ignorer cette histoire : c’était en 1717, avant l’application du Code Noir dans notre île, Un certain Guy le Gentil de la Bardinais faisant escale à Bourbon disait :
« Je vis un jour dans l’église paroissiale de Saint Paul une famille entière qui me donna de l’admiration. Tous les visages de ceux qui la composaient étaient de couleur différente, et je puis dire que ma vue allait du blanc au noir et du noir au blanc. Je comptai, depuis la trisaïeule jusqu’à l’arrière-petite-fille, cinq générations. La trisaïeule, âgée de cent huit ans, était noire, telle que le sont les Indiennes de Madagascar ; la fille était mulâtre, la petite-fille métisse, la fille de celle-ci était quarteronne, la quatrième était quinteronne, et la dernière enfin était blonde et aussi blanche qu’une Anglaise ».
Nous existions déjà. R.T

__________________________

Koz pou di kwé ! / Quand le silence est d'or!
Lu dans le Quotidien de la Réunion du 03/03/07 l'extrait d'un communiqué de la préfecture:
"la destruction opérée (...) n'est pas illégale... La commission des monuments historiques du 16 02 avait considéré, à l’unanimité, que l’inscription immédiate de ce bâtiment ne s’imposait pas, compte tenu de ses caractéristiques architecturales. En revanche, il a été décidé de recenser tous les temples tamoules remarquables et de consacrer entièrement la prochaine séance de la commission des monuments historiques à cette partie essentielle de l’histoire et de la culture de la Réunion».

Premier trimestre 2007: à propos de la découverte d'un cimetière non recensé et de la destruction d'une chapelle malbar

Pangar ! kit pa dégrinn nout lidantité.

Deux événements apparemment sans lien ont marqué l’actualité de ce début du mois de mars : la découverte d’un ossuaire près du cimetière marin de Saint Paul et la destruction du temple de la paix à Sainte-Marie. A y regarder de plus près, ils illustrent de façon complémentaire les tribulations que vit notre identité dans ses aspects les moins spectaculaires mais les plus profonds.
Plusieurs fois depuis trente ans ont été exhumés des ossuaires sur lesquels nulle chronique, nul mémorial ne dirigeaient les historiens réunionnais. Prisonniers des constructions ressassées par leurs formateurs, le désarroi de ces derniers devant ces mystères était à la mesure des zones d’ombre et de non dit jalonnant l’histoire non officielle de notre île.
Cette histoire possède pourtant des repères. Mais, boudée par les tenants de la pensée dominante, leur survivance est presque incongrue dans une société de plus en plus marquée par le choix entre l’acculturation et le communautarisme.
Le Temple de la Paix à Sainte Marie était le symbole d’une créolité enrichie de l’apport de ce qui, dans le vécu des engagés venus de l’Inde, a été l’essentiel de leur identité. La destruction arbitraire de ce site patrimonial est une atteinte à notre identité. Elle est un précédent d’autant plus condamnable qu’avec le commentaire indulgent du réprésentant de l’Etat français, elle ouvre la voie à une menace sur les les petites chapelles malbares familiales, les chapelles Saint-Expédit érigées aux quatre coins de notre île, bref ! sur les cultes populaires marqueurs de notre identité. R.T.

Deuxième trimestre 2007: à propos de ces grands projets de développement prétendus durables

Mwin la pèr m’i di aou, zot dévlopman dirab!

La longue période électorale qui s’est ouverte avec les présidentielles et ne s’achèvera pas de sitôt voit fleurir un certain nombre d’expressions dont les candidats à la députation farcissent leurs programmes comme des grigris qui nous ouvriraient des horizons radieux : développement durable, environnement, rééquilibrage régional … Faut-il rappeler que le qualificatif durable fait partie du vocabulaire de la communication et qu’il n’a comme seule vertu que celle de nous faire gober un type de développement dont les scientifiques les plus sérieux nous prédisent qu’il nous mène droit dans le mur ?
Peut on parler de développement durable quand des amendements législatifs, des dérogations, des déclassements de terrains justifiés par des lubies à la mode et intérêts cachés contribuent à la dilapidation du patrimoine de notre île?

La focalisation démesurée quotidienne de notre attention sur le factice, l’événementiel, le besoin de consommation ne nous permet plus de prendre du recul vis-à-vis de l’essentiel :
L'extension boulimique, irréfléchie, anarchique de Saint-Denis entre 1960 et 1980 et son cordon ombilical monstre, la route en corniche;
les lois incitant à la spéculation immobilière effrénée qui, entre 1980 et 2005, ont livré l’Ouest aux squatters du soleil et de la mer, ces vrais-faux acteurs économiques, avec des conséquences irréversibles pour le littoral et le lagon.
Et voilà qu’on se propose de rééquilibrer le Grand Sud ! Quel rééquilibrage? Sur quel modèle? Il suffit de comparer les plans cadastraux et photos aériennes de 1980, 1990 et 2006 pour mesurer les atteintes déjà irréversibles portées à cette région agricole exceptionnelle.
Pour quel désastre programmé va-t-on, par communicants et publicitaires interposés, obtenir la caution de "notre adhésion citoyenne"?.R.T.

_________________________________________

Koz pou di kwé ! / Quand le silence est d'or!
Lu dans leJ.I.R. du 17/06/07
Les bèf pano qui étaient conditionnés pour assurer ces transports(...) sont complètement révolus. Accusés de dégrader les sentiers de randonnée, les bêtes [bèf pano] n'ont plus droit de cité depuis plusieurs années... La menace de disparition plane également sur les cabris (...) évoluant en liberté entre le col de Taïbit et le Grand Bénare. Avec un site désormais classé et protégé [du parc national des Hauts], les propriétaires d'animaux divaguants sont priés de récupérer leurs bêtes (...) Mais la chose n'est pas aisée (...) "l'ultime solution est de les abattre au fusil", dit-on.

août et septembre 2007

A fors tan fé la boul èk Kréol, son tanginn la pou lévé !

Pendant longtemps certains ont pu croire que la cause du « parc marin » était entendue. Les pêcheurs traditionnels de la Côte Ouest n’avaient-ils pas donné l’impression qu’ils avaient baissé les bras face à leur marginalisation ?
Et puis voilà que, coup sur coup, à Saint-Leu et à Saint-Gilles ils s’insurgent contre des règlements qu’ils savent faits pour les exclure, eux, de leur environnement et porter atteinte à leur identité. On peut toujours prétendre que les contraintes sont les mêmes pour tous ! Pour tous? allons donc ! Certainement pas pour ceux qui, ayant pignon sur rue au port de Saint-Gilles, se sont dits « pris en otage » par les manifestants.
Ailleurs dans l’île, d’autres volets de notre identité et de notre patrimoine subissent la même entreprise de marginalisation voire d’éradication au profit d’initiatives présentées comme « d’intérêt général ». Les campagnes de communication ont réussi jusqu’à présent, comme ce fut le cas naguère pour le parc marin, à enjoliver la situation.
Pourtant, une analyse minutieuse des paramètres principaux du projet Parc National des Hauts, mais aussi de décisions discrètes apparemment sans relation avec le projet, aboutit au constat d’une très prochaine évolution de la situation dans le même esprit que celui qui a abouti à l’impasse dans laquelle se retrouve aujourd’hui la population de pêcheurs côtiers de la Côte Ouest :
le passage de la location de la concession précaire de 10 à 160€, la condamnation à terme de leurs activités traditionnelles conduiront inévitablement des Mafatais ancrés depuis des générations dans le cirque à la condition d’assistés… et à leur départ du cirque. Au profit de qui ? Je vous le donne en mille ! ....R.T

Koz pou di kwé ! / Quand le silence est d'or!
Arrêté préfectoral se proposant de réglementer les sacrifices de cabris dans les cérémonies tamoules (extrait) :
Art 5. “Le local d’abattage doit être aménagé avec des murs et des sols lisses et résistants aux chocs. Les surfaces devront être facile à nettoyer et désinfecter. Ce local devra disposer d’un point d’eau potable, d’un siphon central pour récupérer les eaux de lavage et d’un système de traitement réglementaire des eaux usées”.

Octobre 2007

De quel droit veut-on régenter notre identité?

J’écrivais, il y a quatre ans : « Le jour viendra où l'on interdira les marches sur le feu sous prétexte de dangerosité, l'on taxera les sacrifices rituels d'animaux d'abattage clandestin, l'on enlèvera les niches Saint-Expédit pour non respect de normes de construction ou pollution visuelle, etc… Nous serons alors un peuple sans racines, sans imaginaire, un peuple sans âme, n'ayant plus rien à partager, ni la joie, ni la peine, ni l'aspiration collective à un avenir meilleur.(1) » Ces propos me valurent d’être considéré comme un mauvais coucheur.
Or ils résultaient d’abord d’un constat : des sondages d’opinion connus de tous indiquaient que le comportement de la majorité des Français est imprégné d ’européocentrisme, de repli sur soi et des stigmates encore vivaces de l’époque coloniale ; ils résultaient ensuite d’une application à cette réalité d’analyses de l’histoire de la France des XIXe et XXe siècles (2) Jour après jour, mois après mois, de loi en décret, de circulaire en arrêté, les événements m’ont donné raison (3).
Et nous en sommes arrivés inévitablement à ce délirant arrêté préfectoral se proposant, sous couvert de réglementation sanitaire, de dénaturer les sacrifices de cabris dans les cérémonies tamoules.
Certes la réaction indignée a été telle que l’Etat a battu en retraite. Mais pour qui sait lire entre les lignes, cet « esprit des règles sanitaires de notre nation » auquel le Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer se réfère, parce que le projet d’arrêté préfectoral en tire son essence, maintient l’ambiguïté et incite à la vigilance. Car il ne saurait être question de laisser régenter notre identité. R.T.
(1) et (3) Voir les autres ti kozman si laktyalité.
(2) voir Catherine Coquery-Vidrovitch : le postulat de la supériorité blanche et de l’infériorité noire dans le livre noir du colonialisme

Koz pou di kwé ! / Quand le silence est d'or!
Questions figurant dans l’enquête qui sera lancée par l’INSEE et l’INED en août 2008 auprès d’immigrés, d’enfants d’immigrés et d’originaires des DOM vivant en métropole :
« En pensant à votre histoire familiale, de quelle origine vous diriez-vous ? De quelle couleur de peau vous diriez-vous ? Avez-vous une religion ? Laquelle ? Dans votre vie quotidienne, portez-vous en public un vêtement ou un bijou qui peut évoquer votre religion ? »

Novembre et décembre 2007

la loi sur la maîtrise de l'immigration, l'intégration et l'asile: un grand bond en arrière !

Le 20 septembre, à quatre heures du matin, en s’appuyant sur une extrapolation réductrice des recommandations de la CNIL, la majorité des 23 députés présents (sur 577) a adopté l’amendement 55 de l’article 18 du projet loi relatif à la maîtrise de l’immigration, l'intégration et à l'asile présenté par un député de la majorité.
L’application de cet article de la loi rendra légale l’intégration de questions sur l’origine, la couleur de peau, la religion, les signes extérieurs d’appartenance religieuse dans l’enquête qu’en 2008, l’INSEE et de l’INED lanceront auprès d’enfants d’immigrés ghettoïsés dans les banlieues sensibles et aussi de Domiens vivant en métropole.
Mais à qui fera-t-on croire que c’est « un pas vers la discrimination positive » quand la non-application de l’arsenal législatif sur l’égalité bénéficie de l'approbation tacite d’une opinion hexagonale majoritairement xénophobe? En revanche, on ne peut pas ne pas faire le rapprochement avec l’article 20 de l’ordonnance Delahaye de 1674 introduisant la ségrégation raciale dans la population métisse de Bourbon. Et à moins d’ignorer l’histoire de la Réunion, on ne peut oublier que les Lettres Patentes de 1723 (et particulièrement l’article 5) qui sont une adaptation du Code Noir de 1685 à la réalité réunionnaise s’inscrivent dans le droit fil de cette ordonnance. Après l’abolition de l’esclavage, c’est encore sur la nomenclature raciale et la hiérarchisation ethnique de la population réunionnaise que s’est appuyée la puissance coloniale pour remettre en cause le cheminement de notre identité créole et entraîner des Réunionnais dans l’illusoire colonisation de Madagascar.
Il est bon de savoir que le 23 octobre deuxparlementaires réunionnais sur cinq ont voté pour l'applicaton la loi . ........R.T.

laboul èk Kréol, son tanginn la pou lévé !- Deuxième trimestre 2007: à propos de ces grands projets de développement prétendus durables Mwin la pèr m’i di aou, zot dévlopman dirab! Premier trimestre 2007: à propos de la découverte d'un cimetière non recensé et de la destruction d'une chapelle malbar -- Mars 2007: Communautaristes, rêvez toujours! - Janvier 2007: Patrimoine et Identité menacés - - 20 décembre 2006 : Identité menacée - Vers le Meilleur des Mondes?

visites
l'actualité... laktyalité...l'actualité... laktyalité...l'actualité... laktyalité...l'actualité... laktyalité...l'actualité... laktyalité...l'actualité...laktyalité...l'actualit